Glossaire / Lexique

Pour aider la compréhension des textes voici un Lexique des termes plus ou moins technique que vous pourrez rencontrer sur le blog de Frère Édouard.

Cette nomenclature n’est pas exhaustive et si par hasard une expression demandais quelques explications je vous serais reconnaissant de me faire part de vos commentaires.

Pour le moment j'apprécierais si vous vouliez bien m’accorder un peu de votre indulgence, la liste s’étoffera en fonction des disponibilités de Frère Édouard (ou de Jean-Luc qui lui apporte souvent son soutient)…


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Art roman / Romaanse kunst (Ned) / Art romanic (Oc) / Romanesque art (En) / Romanik (De) / Arte romanica (It) / Arte románico (Es)
Période de l'histoire de l'art qui s'étend environ de l'an mil à la fin du XIIème siècle est qui est chronologiquement située au Bas Moyen-âge.

Bonnes fontaines / Goede waterbronnen (Ned), Bonas fonts (Oc), Good springs (En) / Gute Quellen (De) / Buone sorgenti (It) / Bueno fuente (Es)
Fontaines à dévotion, fontaines miraculeuses, "bonas fonts" en occitan, leur origine est souvent antérieure ã l’époque historique. Elles ont été pendant très longtemps l'objet de rituels thérapeutiques et sont nombreuses en Limousin.

Chanoines / Kanunnik (Ned) / Canonge (Oc) / Canon (En) / Kanoniker (De) / Canonico (It) / Canónigo (Es)
Au Haut-Moyen-âge le mot chanoine pouvait désigner un adjoint laïc d’une institution religieuse.
Au Bas-Moyen-âge un chanoine était plus généralement un membre du clergé qui appartenait à un ordre régulier ou à une communauté séculière.
Les chanoines réguliers (comme ceux des Salles) étaient des clercs (ecclésiastiques) qui vivaient en communauté et exerçaient un apostolat (mission) selon les principes d'une règle (convention).
Les chanoines séculiers étaient des clercs tenus à la récitation de l'office divin au chœur (liturgie des Heures), ils formaient un chapitre de chanoines lié à une collégial ou à une cathédrale, sous l'autorité d'un prévôt, leur vie était réglée par des prescriptions canoniales mais ils restaient propriétaires de leurs biens.

Chapiteau / Kapiteel (Ned) / Capitèl (Oc) / Capital (En) / Kapitell (De) / Capitello (It) / Capitel (Es)
En architecture, le chapiteau désigne communément un élément sculpté de forme évasée placé à la partie supérieure d’une colonne. Il assure la jonction avec une autre structure de l'édifice comme un arc d’encadrement d'une baie ou un angle de voute. L'astragale, qui est une petite moulure arrondie, assurait la transition entre la partie supérieure du fût de la colonne ou de la colonnette et le corps du chapiteau.
La partie principale du chapiteau, qui surmonte l'astragale, est appelée la corbeille. Elle est plus ou moins sculptée selon le degré de dureté de la pierre utilisée par les bâtisseurs.
Au dessus de la corbeille, une bordure plate appelée tailloir, permettait parfois d'établir le raccord avec le fragment supérieur de la construction, mais ceci ne se retrouve pas dans tous les types de chapiteaux.
Dans de nombreux cas les chapiteaux romans furent recouverts de peintures ou de fresques.

Colonne / Zuil (Ned) / Colona (Oc) / Column (En) / Säule (De) / Colonna (It) / Columna (Es)
En architecture, une colonne est un élément vertical de support de forme généralement cylindrique. Elle est composée d'une base, d'un fût et d'un chapiteau.

Eutrope de Saintes / Eutropius van Saintes (Ned) / Estropi de Sénte (Oc) / Eutropius of Saintes (En) / Eutropius von Saintes (De) / Eutropio di Saintes (It) / Eutropio de Saintes (Es)
Les informations sur la vie d'Eutrope de Saintes sont extrêmement rares, ce qui a donné libre cours à la formation d'une importante légende au Moyen-âge.
Le plus ancien texte connu concernant Eutrope est dû au poète Venance Fortunat, Venantius Fortunatus (v.540-v.600) évêque de Poitiers. Cet auteur précise dans son poème Carmina (I, 13), rédigé vers 567, que le vieux sanctuaire dédié à Eutrope "écroulé et déchiré par les ans" fut magnifiquement reconstruit par les soins de l'évêque Léonce le Jeune, métropolitain de Bordeaux au troisième quart du VIe siècle.
L'évêque, historien de l’Église, des Francs et de l’Auvergne, Grégoire de Tours (538-594), mentionna également, dans son ouvrage De gloria martyrum, Eutrope comme évangélisateur de la Saintonge et martyr dans la ville de Saintes.
Il est généralement admis qu'Eutrope, fut le premier évêque de la cité saintongeaise et qu'il subit le martyr sous l'empereur Dèce (249-251), ce qui placerait son action évangélisatrice au IIIème siècle.
Les recherches archéologiques effectuées à Saintes ont permis d'affirmer que des sépultures chrétiennes existaient hors des murs d'enceinte de cette ville gallo-romaine à la fin du IIIème siècle. Aux siècles suivants ces sépultures, devenus nombreuses, furent organisées en véritable nécropoles à proximité des premiers lieux de cultes chrétiens et plus particulièrement autour de la basilique contenant les restes de saint Eutrope.
Les fresques du sanctuaire prieural des Salles représentent une passion d'Eutrope, inspirée du martyr de saint Etienne.
Le martyr d'Eutrope est représenté en trois tableaux contigus sur les fresques du revers de la façade du sanctuaire des Salles. Sous la forme d'une narration picturale, se succède la lapidation, le martyr en état de grâce et la mise au tombeau du saint homme, scène dans laquelle sa tête est représentée marquée d'une croix pour rappeler le coup de hache mortel qui, selon la légende, devait achever son supplice.
Il est également intéressant de remarquer que la majorité des représentations des saints et des saintes, identifiées dans le programme de fresques de la prieurale des Salles, concernent des martyrs du IIIème siècle, c'est à dire de la même période que celle ou Eutrope de Saintes paya de sa vie la propagation de sa foie chrétienne.

Feuilles d’acanthe / Acanthus bladeren (Ned) / Fuèlha de acant (Oc) / Acanthus leaves (En) / Akanthus-Blatt (De) / Foglie di acanto (It) / Hojas de acanto (Es)
L'acanthe à feuilles molles (Acanthus mollis), de l'essence des Acanthes, est une plante méditerranéenne dont les feuilles sont très découpées.
Leur forme a inspiré le motif dit "en feuille d'acanthe" des chapiteaux corinthiens, qui est le décor distinctif de cet ordre architectural de la Grèce antique.
Les feuilles d'acanthes sont également, sous des aspects très divers, un des ornements les plus usuels de la sculpture romane.

Fontaine Saint-Eutrope / Eutropius fontein (Ned) / Fount Sent-Estropi (Oc) / Eutropius Fountain (En) / Eutropius Quelle (De) / Fontana di San Eutropio (It) / Fuente de San Eutropio (Es)
Les bonnes fontaines (appelées bonas fonts en dialecte limousin) sont des sources qui ont la réputation d'avoir des vertus thérapeutiques. La fontaine saint-Eutrope des Salles était connue pour soigner les rhumatismes et les maladies des animaux.
Leurs eaux soigneraient des afflictions très diverses et elles auraient autant d'effets pour les êtres humains que pour les animaux (chaque source avait sa spécialité de guérison ou de bienfait).
On décompte plus de 200 bonnes fontaines dans l'espace régional limousin. La plupart d'entre elles existent depuis des temps immémoriaux, certaines depuis la préhistoire.
Pendant l'époque celtique ces sources ont été réutilisées pour symboliser le culte des divinités, cette pratique c'est poursuivie pendant la période gallo-romaine où le paganisme avait tout le loisir de se développer en relation avec un panthéon romain assimilateur des divinités gauloises et naturelles.
Au cours du Moyen-âge l'église catholique s'est efforcée de christianiser ces lieux de dévotions, tant de façon intemporelle, en les plaçant sous la protection d'un saint ou d'une sainte, que de manière temporelle, de part l'édification d'un oratoire ou le placement d'une croix à proximité de la source.
C'est ainsi que la bonne fontaine des Salles, située près de l'église prieurale, fut dédiée à saint Eutrope, vraisemblablement avant l'édification de l'actuel sanctuaire.
Les malades, leur famille, les intermédiaires les pèlerins venus implorer la protection du saint patron s'y rendaient autrefois souvent de très loin. Les assistaient à l'office liturgique du jour dans l'église et y faisaient bruler traditionnellement un cierge avant de procéder au rituel à la fontaine.
La veille du jour de la fête de son saint patron Eutrope, qui était le 30 avril, ou le dimanche suivant, le culte à la fontaine était le prétexte d'une fête votive annuelle qui commençait par un office religieux, se continuait par une procession et se terminait par une assemblée populaire, cette tradition à disparue au cours du XXème siècle.

Fresques romanes
Peintures murales romanes réalisées selon la technique “affresco”.
Appliquées directement sur un crépi encore humide (mélange de chaux, de sable très fin et d'eau), les fresques s'incorporaient au support et ont pu ainsi se conserver très longtemps.
Le travail de la fresque était long et compliqué. L'artiste avait besoin de faire confiance à des assistants et ouvriers expérimentés, car lorsque la fresque avait séché il était difficile d’y ajouter une couleur complémentaire, sinon, avec le temps, l'image risquait de se décolorer.
Si le fresquiste ratait son travail, il ne pouvait rien effacer, il devait alors tout gratter, crépi compris, et recommencer à zéro.

Gué
Lieu de passage où l'on peut traverser un cours d'eau à pied, à dos d'animal ou en attelage sans s'embourber ni risquer d’être emporté par le courant.

in partibus
L'expression vient du latin "in partibus infidelium" ("dans les contrées des infidèles" ou "dans les pays occupés par les infidèles").
Souvent abrégé en "in partibus" ou "i. p. i.", ce terme fut utilisé par l' Église Catholique Romaine pour désigner un ancien siège épiscopal disparu, souvent situé en pays non chrétiens et l'évêque titulaire de ce diocèse.
Bien qu'un "évêque in partibus infidelium" soit supposé ne porter qu'un titre purement honorifique et de n'avoir que peu ou pas de fidèles auxquels consacrer sa mission, il était toutefois nommé officiellement et le titre lui permettait de justifier son rang de prélat.
Certains évêques "in partibus infidelium" nommés par le Pape, au Moyen-âge et à l'Epoque Moderne dans des évêchés situés en Afrique du Nord, avaient réellement des fidèles auxquels ils étaient supposés apporter leur assistance, mais s'ils s'étaient aventurés à se présenter officiellement dans leurs évêchés situés en pays non chrétiens ils auraient risqué d'être victime d'atteinte à leur intégrité personnelle ou emprisonnés à vie, dès lors ils exerçaient leur ministère sacerdotal à distance.
La titulature "in partibus" ne permettait par pour autant l'inaction, l'ecclésiastique ainsi nommé pouvait être appelé à des fonctions administratives au sein de la Curie Romaine ou même devoir s'impliquer dans la Diplomatie vaticane, ou bien il devait seconder un autre prélat en tant qu'évêque auxiliaire.
Par analogie et familièrement, l'expression "in partibus" est aussi utilisée au sens figuré, pour désigner une "personne sans réelle fonction" : "un professeur in partibus", "un administrateur in partibus".
Frère Edouard est "chanoine in partibus du prieuré des Salles", sa fonction n'est que culturelle.

Itinéraire de long parcours
En Limousin et dans les provinces avoisinantes les anciennes voies de long parcours sont le plus souvent des itinéraires d'origine préhistorique ou protohistorique, qui ont continué à être utilisés ou ont été réaménagés pendant l'antiquité.
Ces voies de long parcours sont demeurées en usage aux périodes Wisigothique et Franken et jusqu'au Bas Moyen-âge au moins, comme l'atteste certaines découvertes archéologiques.
Ces anciens itinéraires ne sont généralement pas dans leur majorité des voies exclusivement romaines, puisque leur usage pendant l'antiquité gallo-romaine ne représente qu'une courte période de leur histoire.
Dans plusieurs cas ces anciens chemins ont continué d'être utilisés pendant le Haut Moyen-âge et après comme l'atteste le cadastre dit "Napoléonien" (1824-1827), ils ont aussi servi d'itinéraire pour les pèlerins en route vers les sanctuaires situés sur les routes principales et secondaires vers Compostelle.

Nef / Schip of beuk (Ned) / Nau (Oc) / Nave (En) / Kirchenschiff (De) / Navata (It) / Nave (Es)
La nef est la partie d'une église allant de l'entrée principale jusqu'à son intersection avec la croisée du transept.
Lorsque la nef n'est pas entrecoupée par un vaisseau transversal son volume s'étend du porche au chœur du sanctuaire.
La nef comprend le vaisseau central, souvent recouvert d'une voute.
La partie centrale de la nef est épaulée dans certains édifices par des collatéraux édifiés de part et d'autre de ses long côtés.

Prieural, prieurale / Priorij (Ned) / Priorat (Oc) / Priory (En) / Priorei (De) / Priorato (It) / Priorato (Es)
Se dit d'un édifice religieux, d'une église dépendant d'un prieuré ou d'une communauté ecclésiastique dirigée par un prieur.

Travée
Une travée, dans le domaine de l'architecture, est un espace délimité par deux supports verticaux constituant les points d'appuis principaux ou les pièces maîtresses d'une construction.
La travée constitue principalement l’une des parties du corps central ou vaisseau d’un bâtiment, comprise entre plusieurs points d'appuis symétriques (piliers, colonnes, arcades...) qui se font vis-à-vis. Plusieurs travées constituent la nef d'une église.

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