09 septembre 2020

« Cederberg » : Géologie et Art rupestre ancestral en Afrique du Sud !

 

Sommaire :

L'enthousiasme pour l'archéologie, la géologie et la nature, nous mène parfois à des découvertes inattendues !

Lors d'un séjour en Afrique du Sud, au mois de février 2020 (avant que ne se déclare la pandémie liée au virus Covid-19), nous avons eu l'opportunité de revenir dans la Province du Cap occidental, où nous avons eu la chance de découvrir la Ville du Cap, la Montagne de la Table et le Cap de Bonne espérance.

Toutefois, notre périple nous a principalement conduit à la découverte de l'extraordinaire géologie des montagnes de la Cederberg, dont la genèse remonte à plusieurs centaines de millions d’années, aux temps Paléozoïques, lorsque l’Afrique australe constituait la partie centrale de l’immense paleocontinent Gondwana.


La région de la Cederberg, appartenant à la formation géologique de la Ceinture plissée du Cap, caractérisée par des formations rocheuses escarpées, des vallées encaissées, des sommets accidentés, des flore et faune très variées, laisse une impression d’infinitude.


Mais, plus encore que cet héritage naturel de la Cederberg, ce sont la découverte et l’observation de l’art rupestre ancestral, d’une grande variété de représentations humaines, animales et symboliques, datant de l’époque préhistorique et vieux de plusieurs milliers d’années, légué à la postérité par les chasseurs-cueilleurs des ethnies Sān, qui nous a laissé le souvenir le plus inoubliable !

 

Summary:

The enthusiasm for archaeology, geology and nature sometimes leads us to unexpected discoveries!


During a stay in South Africa, in February 2020 (before the outbreak of the pandemic linked to the Covid-19 virus), we had the opportunity to return to the Western Cape Province, where we had the chance to discover Cape Town, Table Mountain and the Cape of Good Hope.


However, our journey mainly led us to the discovery of the extraordinary geology of the Cederberg mountains, whose genesis dates back several hundred million years, to Palaeozoic times, when Southern Africa was the central part of the giant paleocontinent Gondwana.

The Cederberg region, belonging to the geological formation of the Cape Fold Belt, characterized by rugged rock formations, deep valleys, stony peaks, with exceptionally diversified flora and fauna, leaves an impression of infinity.


But, even more than this natural heritage of the Cederberg, it is the discovery and observation of the ancestral rock art, of a great variety of human, animal and symbolic representations, dating back to prehistoric times and several thousand years old, left to posterity by the hunter-gatherers of the Sān ethnic groups, who have left us with the most unforgettable memories! 



Ville du Cap et Province du Cap-Occidental

(Cape Town and Western Cape Province)

 

La ville du Cap est la capitale législative de la République d'Afrique du Sud, ainsi que la ville principale de la province du Cap-Occidental. Elle est appelée Kaapstad en Afrikaans, iKapa en langue Xhosa, Cape Town et, familièrement, Mother City (Ville Mère) en anglais.

 

La ville du Cap réunit dans son agglomération une population de près de 2 900 000 habitants, ce qui fait d’elle la deuxième plus grande agglomération d’Afrique du Sud. Elle donne toutefois l’aspect (un peu illusoire) d’être une ville proche de son environnement naturel, grâce à son positionnement aux pieds de la Montagne de la Table.

 

La Montagne de la Table, vieille de 260 millions d’années (Ma), domine d’une hauteur de près de 1 100 m la métropole du Cap.

 

La Montagne de la Table était appelée Hoerikwaggo (Montagne de la Mer) par les ethnies Khoïkhoï, avant l’arrivée des colons Néerlandais de la Compagnie des Indes Occidentales (VOC). Ce sont ces derniers qui lui donnèrent le nom de Tafelberg.

 

Couverte d’une végétation caractéristique, de fynbos ou finbos (buissons fins), dérivé du mot néerlandais « fijn bosch », qui désigne une variété de plantes arbustives à feuillage persistant, avec des petites feuilles raides, la Tafelberg est elle même jouxtée de part et d’autre par deux pics rocheux nommés Devil's Peak, à l’Est, et Lion's Head, à l’Ouest. 



Notre séjour dans la province du Cap-Occidental ne s’est pas limité à la péninsule sur laquelle se trouve la ville du Cap, car nous avons aussi visité la réserve naturelle du Cap de Bonne espérance, la région viticole de Stellenbosch, Paarl et Franschhoek, avant de nous diriger vers la région montagneuse de la Cederberg.




Montagnes de la Cederberg - Région des montagnes du cèdre

(Cederberg mountains)

 

Les vastes massifs montagneux, qui constituent la région de la Cederberg, sont principalement situés à l’Est de la vallée de la Olifants Rivier (Rivière des Éléphants), à l’Ouest de la Matjiesrivier et au Sud de la Doringrivier, appelée Doring River en anglais. Ils se poursuivent au Nord par les Pakhuis Mountains, à l'Est par les contreforts du Dwyka Group et les formations géologiques du Great Karoo (Grand Karoo), au Sud par les Kouebokkeveld Mountains et par la Skurweberge

 

Les élévations des montagnes de la Cederberg s'étendent sur environ 50 km du Sud au Nord, et un peu plus de 20 km d’Ouest en Est. Elles sont éloignées d’environ 200 km de l’agglomération du Cap, et sont situées au centre de la Municipalité locale de Cederberg



La vallée de la Olifants River (Rivière des Éléphants) est elle même bordée à l’Ouest par une succession de collines aux allures montagneuses, descendant vers la plaine côtière, elle même dénommée Sandveld (Terrain de sable). 



La route d'accès principale à la région montagneuse de la Cederberg est la Highway N7 (Route nationale Sud-africaine N7). Elle relie Kaapstad à la Namibie et traverse la Piekenierskloof Pass (Col du ravin des Piquiers), à une altitude de 519 m, à l'Ouest de la Olifants River Mountain chain (Chaîne de montagnes de la Rivière Éléphants), avant de donner accès à la ville provinciale de Citrusdal (population 7 177 habitants), située dans la fertile vallée de la Olifants River (Rivière des Éléphants) et accessible par la Regional route R303 (route régionale R303),

 

En direction du Nord, la Highway N7 suit la rive Ouest de la Olifants River, sur une cinquantaine de kilomètres, et donne accès, via la Regional route R364 (Route régionale R364) et la Graafwaterweg, à la localité de Clanwilliam (population 7 674 habitants), qui est la ville principale de la Cederberg Local Municipality (Municipalité locale de Cederberg)



La Olifants River (Rivière des Éléphants) est une rivière permanente, mais au débit irrégulier, du Nord de la Province du Cap occidental. Elle coule en direction du Nord depuis les Winterhoek Mountains (Montagnes de Winterhoek) au Nord de la localité de Cérès, et se jette dans l’Océan Atlantique Sud (Suid-Atlantiese Oseane, en Afrikaans) près du village de Papendorp

 

L’accès au cœur des montagnes de la Cederberg se fait par la route régionale R364, qui traverse Clanwilliam. Le tracé de la route R364 se confond avec celui du Pakhuis Pass (Col de la Maison de l’Entrepôt), qui relie la ville de Clanwilliam et la localité de Calvinia. Long de 25 km, il atteint une altitude de 905 m, avec des pentes de 11%, et offre des paysages étonnants. 



Le tracé de la route de la Pakhuis Pass a été réalisé entre 1875 et 1877, sous la direction de Thomas Bain. Un cartographe, qui s'intéressait profondément à l'art rupestre.

 

Le tracé de la R364 a été amélioré pour la première fois dans les années 1960 et la route elle-même a été goudronnée en 2009. La tombe du poète Sud-africain Christian Louis Leipoldt se trouve dans un petit vallon proche de la route, à environ 15 km à l’Est de Clanwilliam


 

Selon le recensement de 2011, la population de la Cederberg Local Municipality (Municipalité locale de Cederberg) était constituée de 49 768 personnes, regroupées dans 13 513 foyers.

 

Les efforts de cohésion sociale voulus par l’ancien président de la République d'Afrique du Sud, Nelson Mandela, n’ont que partiellement atténué les différences entre les populations de différentes origines sociales, culturelles ou ethniques. Les populations de la Cederberg Local Municipality (Municipalité locale de Cederberg) se décrivent encore selon des critères hérités de la période de l’Apartheid : « Coloured » 76%, « Black African » 13%, et « White » 11%.

 

La première langue utilisée par les populations de la Cederberg Local Municipality (Municipalité locale de Cederberg) est l'Afrikaans pour 88,7% d’entre eux, tandis que 5,0% utile le Xhosa comme langue principale et 2,5% parlent le Sotho, une minorité de 1,9% utilise l’Anglais comme langue maternelle. L'Afrikaans, qui est une des onze langues nationales officielles de la République d'Afrique du Sud, est utilisé sans distinction d’appartenance sociale ou culturelle. 



Les relief montagneux de la Cederberg sont caractérisés par d'étonnantes falaises de grès rouge et des sommets sculptées et altérées par la nature, comme Sneeuberg (2 037 m), Cederberg-Tafelberg (1 969 m), The Spout (1 964 m), Cederberg-Sneeukop (1 930 m), Shadow Peak (1 890 m), Langberg (1 850 m), Corridor Peak (1 838 m), Consolation Peak (1 759 m), Donkerkloofkop (1 746 m), Krakadou Peak (1 744 m) et Cedar Peak (1 691 m), pour les principaux. 

 

La région montagneuse de la Cederberg appartient au Patrimoine mondial, elle se caractérise par une grande diversité botanique et conserve de nombreuses espèces indigènes et de plantes rares dans ses zones inexplorées. 


 

La faune est riche en différentes variétés de mammifères, d'oiseaux, de poissons, de reptiles, d’amphibiens, d’insectes et d’arthropodes.

 

Le nom de la chaîne de montagnes de la Cederberg puise son origine dans celui du Clanwilliam Cedar, selon sa dénomination en anglais, Clanwilliamsede ou Sederboom en afrikaans, Widdringtonia cedarbergensis, de son nom latin, ou Cyprès de Clanwilliam en français.



Le Cyprès de Clanwilliam

(Clanwilliam Cypress)

 

Le Cyprès de Clanwilliam ou Clanwilliam Cypress (Widdringtonia wallichii), autrefois incorrectement appelé Clanwilliam Cedar est un petit arbre à feuilles persistantes d'Afrique du Sud, de la famille des cyprès, endémique dans la région de la Cederberg.

 

Le Clanwilliam Cypress (Cyprès de Clanwilliam) grandit généralement jusqu’à une hauteur avoisinant les 5 à 7 mètres, quelques rares spécimens peuvent toutefois atteindre une hauteur de plus de 15 mètres.



Le Cyprès de Clanwilliam était gravement menacés d'extinction, victime de son beau bois parfumé et solide, utilisé en menuiserie, et des feux de brousse non contrôlés, trop fréquents autrefois. Il était sur le point de disparaître, cependant des programmes de protection et de plantation, conjuguées à une campagne de prévention des incendies, ont été mis en place ces dernières années pour en réduire le déclin.

 

Malgré tout, la lenteur de sa croissance exige toute l’attention des autorités conservatrices de la Cederberg Wilderness Area (Réserve naturelle de la Cederberg) pour veiller sur l’avenir du Cyprès de Clanwilliam !

 

 

La géologie des montagnes de la Cederberg

(Geology of the Cederberg mountains)

 

La géologie des montagnes de la Cederberg est complexe dans sa diversité et son ancienneté, elle s’inscrit dans la genèse d’une grande chaine de montagnes de l’Ouest de l’Afrique du Sud, désignée sous le nom anglais de Cape Fold Belt (Ceinture plissée du Cap).  



La genèse de la région de la Cederberg remonte à l’ère géologique du Paléozoïque inférieur, vers 500 millions d'années (Ma), où l’actuelle province du Cap occidental était située au Sud du Gondwana, un vaste paléo-continent qui recouvrait une grande partie de l’Hémisphère Sud.

 

Cette contrée formait à la fin de l’Ère Cambrienne, vers -485 millions d'années (Ma), une dépression marine, appelée Agulhas Sea (Mer d’Agulhas), située à la jonction de plusieurs plaques continentales. 

 

Une longue séquence de sédimentation commencée à l’Ère Cambrienne, vers la période géologique de l'Ordovicien, entre - 485 et - 443 millions d'années (Ma), se poursuivit au Silurien, entre - 443 et - 419 millions d'années (Ma) et jusqu’au Dévonien, entre -419 et -330 millions d'années (Ma). 



La sédimentation de l’Agulhas Sea entraina la formation des différentes roches que l’on rencontre aujourd’hui dans la région de la Cederberg : Grès, Calcaires et Schistes.

Des minéraux, comme le fer et le manganèse, qui sont partie constituante des sédiments, ont donné à certaines roches une couleur rougeâtre hétérogène, qui caractérise la physionomie de la région de la Cederberg.

 

Il y a environ - 330 millions d'années (Ma), à la période géologique du Carbonifère, un important changement atmosphérique est survenu lorsqu’une grande partie du paléo-continent Gondwana dériva vers le Pôle Sud, entrainant un épisode climatique glacial, provoquant une importante paléo-glaciation, appelée Glaciation du Karoo, caractérisée par une croissance rapide des calottes glaciaires continentales, et précipitant la formation de glaciers au Sud Gondwana



Les glaciers de la période Carbonifère recouvrirent d'une couche de glace, épaisse de plusieurs kilomètres, l'ancien continent Gondwana, qui comprenait alors le Sud du Continent Africain, la partie la plus australe de l'Amérique du Sud, la Patagonie (Patagonia), et la totalité du Falkland/Malvinas Plateau (Plateau des Malouines), de même que le Continent Antarctique

 

Des sédiments de diamictite et de tillite glaciaire ont été déposés par les glaciers de l’Ère Carbonifère, ils sont connus sous le nom de formations de Pakhuis et de Cederberg.

Ils se distinguent sous la forme d'une strate géologique comprimée, épaisse en moyenne d'environ 60 m, que l’on peu observer en particulier dans les formations rocheuses des montagnes situées à l'Est du Olifantsrivier (Rivière des éléphants) et des villes de Clanwilliam, Citrusdal et Calvinia, dans la Cederberg

 

Pendant les périodes géologiques du Carbonifère et du Permien ancien, entre - 350 et -230 millions d'années (Ma), commença vers - 330 millions d'années (Ma) un processus orogénique (formation de chaine montagneuse), entraînant le plissement des sédiments rocheux qui s’étaient accumulés dans l’ancienne Mer d'Agulhas

 

Entre - 330 et - 230 millions d'années (Ma), le Sud du paléo-continent Gondwana fut marqué par un processus de collision et de subduction des plaques continentales. Ces phénomènes géologiques liés au déplacement de la Plaque tectonique du Falkland/Malvinas Plateau (Plateau des Malouines) vers la Plaque tectonique de l’Afrique Australe, entraîna le plissement du substrat géologique et la formation de la Cape Fold Belt (Ceinture plissée du Cap). 




Une courte section de cette formation géologique, orientée Nord-Sud, résulte de la collision de la Plaque tectonique Sud-américaine de la Patagonie (Patagonia) avec la Plaque tectonique de l’Afrique australe, elle correspondant à la formation du massif montagneux de la Cederberg


Les élévations de la Cederberg sont réputées pour leurs formations rocheuses spectaculaires, qui ont été sculptées par le vent. L’érosion a créé au cours des âges géologiques des paysages grandioses, marqués par des arêtes escarpés et des cavernes aux formes étonnantes, par lesquels la chaine des montagnes de la Cederberg est devenue célèbre.

 


Peuples Sān et histoire humaine de la Cederberg

(Sān peoples and human history of the Cederberg)

 

La présence humaine dans les montagnes de la Cederberg est certifiée depuis les temps les plus anciens de la préhistoire de l’Afrique Australe. Elle se manifeste dans plus de 2 000 sites d'une étonnante variété d'art rupestre millénaire, d’un grand intérêt archéologique et culturel ! 



Les peuples Sān sont les descendants directs des véritables premiers habitants d’Afrique australe, témoins d'une dispersion très précoce d'humains anatomiquement «modernes».


Les Sān sont sans aucun doute les héritiers les plus proches de l’ADN mitochondrial de celle que les spécialistes de la phylogenèse appellent « Ève mitochondriale » qui a vécu en Afrique orientale il y a environ 160 000 ans.

 

Contrairement aux autres humains modernes, les Sān ne sont pas « sortis d'Afrique », si nous utilisons l’analogie avec la dénomination anglophone « Out of Africa » (OOA), mais ils sont restés proches des terres d’origine de leurs ancêtres et sont étroitement liés aux « premiers humains » présents en Afrique australe.

 

Certains archéologues et anthropologues ont désigné la culture des ethnies Sān sous le nom de « civilisation de l'arc » et font remonter leur origine à plus 150 000 ans. 


Les peuples Sān étaient (et sont encore, pour ceux qui ont survécu en maintenant tant bien que mal la pratique de leur mode de vie ancestral) de délicats chasseurs et cueilleurs, qui coexistaient avec leur environnement sans le bouleverser. Ils formaient de petites communautés de chasseurs et de cueilleurs où les hommes chassaient et les femmes récoltaient des plantes, fruits et bulbes comestibles.

 

Le nom des ethnies Sān est issue d'une appellation des bergers Khoekhoe, utilisée traditionnellement par les pasteurs Namaquas pour désigner les groupes de cueilleurs, sur la base de la racine « saa » / « ramassant au sol », associée au pluriel « -n » dans le dialecte Haiǁom.

 

Les peuplades Sān sont aussi désignés sous le nom de Sankhoï (Bochiman) par les ethnies Khoekhoe (Hottentots) ce qui maintient une ambiguïté en ce qui concerne leur nom original.

 

La dénomination Bushmen, Bosjesmannen ou Bochiman, dont l'origine remonte au 17e siècle, vient du nom néerlandais « Bosjesman ». Elle est encore utilisée par d'autres tribus pour designer les ethnies Sān et pour l'auto-identification des peuplades Sān, mais le terme est considéré aujourd’hui comme péjoratif et ne peut être utilisé qu’avec circonspection.

 

Le nom Sān, largement utilisé pour designer les derniers chasseurs-cueilleurs d’Afrique Australe, est toutefois considéré comme trop limitatif par certains anthropologues, linguistes et défenseurs des peuples premiers d’Afrique. Les !Kung - Sān qui vivent aujourd’hui dans le semi-désert du Kalahari se décrivent eux-mêmes comme « zhū-twasi » ou « vraies personnes ».

 

Nous avons choisi de nommer simplement « Sān » les peuplades ancestrales ayant vécu pendant des milliers d’années dans les montagnes de la Cederberg, avant qu’il n’en soit chassés par d’autres ethnies africaines, puis finalement par les colonisateurs européens. 


 
La présence des peuplades Sān dans la région des montagnes de Cederberg est attestée depuis plus de 80 000 ans avant le présent (AP), au Middle Stone Age (MSA) Sud-Africain !

 

La longue présence des ethnies Sān sur les contreforts Nord-Est de la chaîne de la Cederberg et dans la vallée de la Brandewyn River, a été confirmée par des recherches archéologiques effectuées sur plusieurs sites d’habitats préhistoriques. L’un d’entre eux, désigné sous le nom de « Hollow Rock Shelter », est situé sur le domaine de la Sevilla Farm, près de Traveler’s Rest, proche du Sevilla Rock Art Trail (Sentier d'art rupestre de Sevilla). 



Des fouilles archéologiques, pratiquées en 1993 et en 2001, dans les sédiments stratifiés du site du Hollow Rock Shelter (HRS), ont permis la découverte d’assemblages lithiques constitués d’artefacts fabriqués à partir de roches à grain fin, telle la silcrète (S), de roches siliceuses, tel le quartzite (QE), de minéraux, tel le quartz (QZ), de roches métamorphiques, telle la hornfels (HF) et de silicates crypto-cristallins (CCS), comme les silex


Les pointes bi-faciales et les autres artefacts découverts sur le site du Hollow Rock Shelter (HRS) permettent de considérer qu’ils découlent du faciès culturel préhistorique dit de Still Bay (SB), déterminant des séquences d'occupations humaines s'étendant sur plusieurs milliers d'années, entre - 80 000 et - 50 000 ans avant le présent (AP), au Middle Stone Age (MSA). 



L'expression anglophone Middle Stone Age (MSA) désigne un ensemble d'industries lithiques et de faciès culturels préhistoriques découverts en Afrique australe et en Afrique orientale, qui se situent à la jonction entre le Pléistocène et l’Holocène.

 

En Afrique australe et plus particulièrement en Afrique du Sud, les assemblages lithiques et culturels ont été subdivisés en sous-ensembles chronologiques sur la base d’une nomenclature différente de celle du Continent européen, de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, dont est ici reproduite une énumération simplifiée  :

 

Middle Stone Age (MSA), vers - 280 000 ans à - 30 000 ans avant le présent (AP) ;

Stillbay culture (SB), vers - 77 000 ans à - 71 500 ans avant le présent (AP) ;

Howiesons Poort culture (HP), vers - 65 800 à - 59 500 ans avant le présent (AP) ;

Early Later Stone Age (ELSA), vers - 40 000 à - 19 000 ans avant le présent (AP) ;

Later Stone Age (LSA) vers - 29 000 à - 6 000 ans avant le présent (AP) ;

Robberg culture, vers - 22 000 à - 9 250 ans avant le présent (AP) ;

Oakhurst, Albany & Lockshoek culture, vers - 9 250 à - 8 350 ans avant le présent (AP) ;

Old and Classic Wilton culture, vers - 9 000 à - 3 500 ans avant le présent (AP) ;

Postclassic Wilton culture, vers - 3 500 ans à - 2 200 ans avant le présent (AP) ; 

Wilton à céramique culture, vers - 2 050 ans avant le présent (AP) à - 80 avant le présent (AP) ;

Smithfield culture, vers - 650 ans avant le présent (AP) à - 250 ans avant le présent (AP) ! 

 

La locution « Avant le présent », abrégée en AP, est la transcription francophone équivalente à la dénomination anglo-saxonne « Before Present », abrégée en BP, utilisée pour désigner les âges exprimés en nombre d'années comptées vers le passé, symboliquement à partir du 1er janvier 1950 du calendrier grégorien, qui correspond aux premiers essais de datation, par le carbone 14, d’artefacts découverts lors de recherches archéologiques.


Pendant des milliers d'années, les peuplades Sān d’Afrique du Sud ont suivi le rythme des saisons et les migrations de la faune, vivant en harmonie avec la nature, ne prélevant que le stricte nécessaire et ne laissant que peu de traces de leur présence, autre que ces étonnantes œuvres d’art pariétal, qui sont aujourd’hui encore visibles sur les parois des abris sous roche de la Cederberg



Malheureusement, des mouvements de populations, provenant du Nord et de l’Est de l’Afrique Australe, sont venus troubler à différentes époques la quiétude dans laquelle les tributs Sān avaient vécu pendant des millénaires, dans les actuelles provinces Sud-Africaines du Cap-Occidental (Wes-Kaap), du Cap-Nord (Noord-Kaap) et aussi dans la région de la Cederberg.

 

L’arrivée au Late Stone Age (LSA), il y a environ 2 000 ans avant le présent (AP), des tribus Khoïkhoï (appelés autrefois péjorativement Hottentots), appartenant à un peuple pastoral pratiquant l’élevage nomade extensif, marqua une rupture dans la vie des peuplades de chasseurs-cueilleurs Sān



L’expansion des territoires et pâturages, nécessaires pour la nourriture des troupeaux domestiqués des ethnies Khoïkhoï, réduisit sérieusement l’espace ancestral de chasse et de cueillette des tribus Sān dans l’Ouest de l’Afrique Australe, les incitants à se retrancher dans les régions montagneuses.

 

Bien que les populations Khoïkhoï et les ethnies Sān conversent dans des langages similaires, appelés communément Khoïsan, la coexistence difficile entre leurs deux modes de vies, fut à l’origine de conflits réguliers entre les chasseurs-cueilleurs et les pasteurs-éleveurs.

 

Les pasteurs-éleveurs nomades des ethnies Khoïkhoï prirent de plus en plus d’espace dans les vallées fertiles et verdoyantes à la saison humide, de la région des montagnes de la Cederberg, repoussant les peuplades Sān vers des lieux inhospitaliers. 




Les migrations, il y a environ 800 ans, des peuples Bantous, précurseurs des peuples Nguni actuels, constituant une population d’agriculteurs, éleveurs et métallurgistes semi-sédentaires, ont fortement contribué à repousser les ethnies Sān vers des terres de plus en plus ingrates. 



Des preuves matérielles et la tradition orale suggèrent que, malgré l'absorption, l'esclavage et l'hostilité, les Sān ont survécu aux migrations des Khoïkhoï et des Bantous, en maintenant leur mode de vie dans les zones montagneuses, qui étaient beaucoup moins hospitalières pour les éleveurs-pasteurs et les agriculteurs.

 

Cependant, ce sont incontestablement les effets des incursions des migrants européens de la Compagnie des Indes Occidentales (VOC), particulièrement des Colons Néerlandais (Boers) et des Huguenots au 17e et au 18e siècle, qui apportèrent aussi des maladies jusqu’alors inconnues des tribus locales, qui ont le plus fortement contribué à accéléré le déclin de la culture Sān dans la province du Cap-Occidental 



L’arrivé et le comportement parfois agressif de nouveaux colons, BoersAnglais, Irlandais et Britanniques, au début du 19e siècle, rejoints par des populations d’origines Germaniques, ont finalement contraint les Sān, qui voulaient perpétuer leur existence de chasseurs-cueilleurs, à migrer vers des contrées moins hospitalières situées plus au Nord. 


Il est certain que les peuplades Sān sont devenus les ultimes perdants de ce concours de circonstance et de pressions, humaines, sociales et économiques : ils ont été chassés de leurs terres ancestrales, massacrés, réduits à la misère et à l’esclavage, et finalement absorbés jusqu'à ce que leur culture soit quasiment éteinte en Afrique du sud.

 

Cependant, dans les provinces du Cap Occidental et du Cap Nord, les Sān ont largement fusionné avec les populations dénommées « Coloured », une classe sociale née de la terminologie classificatoire de la regrettable période de l’Apartheid.

 

Les dernières tribus Sān, autochtones et indépendantes quittèrent la région de la Cederberg aux alentours des années 1900. 


Les héritiers des chasseurs-cueilleurs Sān vivent aujourd'hui principalement dans la région du semi-désert du Kalahari, aux limites de la Namibie (où 27 000 !Kung - Sān sont officiellement recensés), du Botswana (où la population des tribus Mosarwa - Sān s’élèverait à 63 500 personnes) et dans les régions désertiques de la province du Cap-Nord ou Noord-Kaap, en Afrique du Sud (où un peu plus de 10 000 Khomani - Sān seraient encore présents). 



La perception d’un « passage furtif sur Terre » s’est maintenue dans la mémoire collective des peuples Sān, vivant encore aujourd’hui en Afrique Australe. Bien que leur mode de vie ancestral ait été en largement annihilé par les effets du monde moderne, les derniers chasseurs-cueilleurs Sān se sont transmis de génération en génération un ancien chant qui illustre cet héritage. 


English language :

« The day we die

a soft wind will blow away our footprints in the sand.

When the wind has gone,

who will tell the timelessness

that once we walked this way in the dawn of time ? »

IsiXhosa language :

« Ngosuku esifa ngalo

Umoya ovuthuzayo uya kuvuthuza imilenze yethu entlabathini.

Xa umoya uhambile,

ngubani na oya kuxela ukungaphelelwa lixesha

ukuba sikhe sahamba ngale ndlela ekuqaleni komhla? »

 

Langue française :

« Le jour de notre mort,

un vent léger emportera nos traces de pas dans le sable.

Quand le vent aura disparu,

qui dira à l'éternité

que nous avons marché en ces lieux à l'aube des temps ? »

 

 

Peintures rupestres dans la région de la Cederberg

(Cave paintings in the Cederberg region)

 

L'Afrique du Sud possède un héritage d'art rupestre préhistorique extrêmement riche !

 

Selon le cartographe et naturaliste Peter Slingsby, la province du Cap occidental, en particulier les régions montagneuses de la Cederberg, du Eastern Koue Bokkeveld et de l'Agter Pakhuis, hébergent probablement plus de peintures rupestres au kilomètre carré que partout ailleurs en Afrique Australe. Plus de 7 000 abris sous roche et grottes contenant des œuvres d’art rupestre ont été inventoriés dans les montagnes de la Cederberg ! 



Les peintures rupestres, que l’on peut observer dans les montagnes de la Cederberg sont majoritairement des œuvres d’artistes anonymes, de chamanes (sangoma), de devins et de devineresses (amagqirha) des anciens peuples de chasseurs-cueilleurs des ethnies Sān.

 

Les Sān de la Province du Cap occidental ont de nos jours disparus de leurs territoires d’origine, emportant avec eux un style de vie ancestral qui devait être à bien des égards proche du Paradis terrestre et du Jardin d'Éden légendaires.

 

Cependant, les Sān ont laissé un patrimoine d'art rupestre, étonnant et mystérieux, qui constitue aujourd'hui l'une des richesses culturelles des montagnes de la CederbergCet art pariétal est protégé au titre des Monuments Nationaux, depuis 1999, par la Loi nationale Sud-africaine sur le Patrimoine Culturel !

 

Les ethnies Sān avaient développé une structure de croyances basées sur des connaissances astronomiques et environnementales phénoménales, retransmises de générations en générations aux cours des siècles.

 

Des scènes de l’art pariétal des Sān semblent représenter le monde des esprits ou des expériences psychologiques provoquées par des visions chamaniques, des danses tribales, des cérémonies de transe et d'autres rites sociaux ou spirituels, dans lesquels certaines représentations de créatures fantastiques tiennent une place importante. 



Des figures semi-humaines et semi-animales sont évoquées sur les parois des abris, ainsi qu'un éventail de formes métaphoriques, qui sont l’expression d’un symbolisme spirituel que l’on retrouve sous différentes formes dans l'art paléolithique à travers le Monde.

 

Dans la mythologie des peuples Sān le demiurge, appelé ǀKágge̥n en langue Khoïsan, était une divinité ancienne et invisible ayant vécu sur terre et dans le ciel, créateur de toutes choses, il était capable de se métamorphoser et de prendre la forme de n'importe quel animal.

 

Les récits légendaires des ethnies Sān, liés au demiurge décepteur ǀKágge̥n, attribuent des pouvoirs divins à certains animaux, notamment le male Mantoptère (Mantodea), dénommée Mantis ou Hottentotsgot en Afrikaans, et aussi à l’Éland de derby ou Éland géant (Taurotragus derbianus). Les deux allégories étaient liées aux croyances lunaires et représentées comme des symboles aux pouvoirs mythologiques. 



Les peintures rupestres des ethnies Sān sont les témoins de la longue histoire sociale et spirituelle des hommes de la fin de l'âge de la pierre. Elles furent aussi un moyen d'enregistrer des événements qui se produisaient dans la vie des chasseurs-cueilleurs, ainsi que de transcrire en images des histoires et des croyances traditionnelles, transmises aux cours des siècles par des générations de conteurs, de diseuses et de chamanes.

 

Ces œuvres pariétales uniques, datées du Late Stone Age (LSA) et des périodes postérieures, ont été conservées sur les parois des abris rocheux situés sur les flancs des vallées de la région de la Cederberg. Leurs datations varient entre - 8 000 ans et - 800 ans avant le présent (AP).

 

Certaines peintures rupestres, d’un âge plus récent, pareillement découvertes  dans les montagnes du Cederberg, ont été mises en relation avec l’arrivée et la présence des éleveurs-nomades Khoïkhoï dans cette partie de la province du Cap-Occidental, entre - 2 000 ans et - 400 ans avant le présent (AP).

 

Les informations sur la nature chimique des pigments utilisés par les artistes Sān sont rares et relativement imprécises, toutefois il est certain qu’ils ont utilisé des ocres de terre naturels, ocre rouge, ocre jaune, ou ocres de terre brulés, pour obtenir une coloration marron, ainsi que l'argile, les cendres et les déjections d'oiseaux, pour fabrique la couleur blanche. Ces pigments étaient mêlés avec du blanc d'œuf, du sang animal, de l'urine, des sèves et des jus de plantes, qui servaient de liant ou fixateur. 



Les couleurs principales des peintures rupestres des ethnies Sān sont le noir, le rouge, l’ocre, le marron, le blanc et le jaune. Il est toutefois remarquable que des coloris plus rares, comme le bleu et le vert apparaissent également dans les peintures rupestres qui leurs sont attribuées.

 

Bien que certaines couleurs se soient estompées et aient disparu au fil du temps, ou que d’autres aient été altérées par des phénomènes atmosphériques ou par des lichens, de nombreux pictogrammes et dessins distinctifs ont survécu et servent aujourd’hui encore de marqueurs culturels, révélant un extraordinaire bestiaire préhistorique.

 

Pour ne prendre pour exemple que les peintures rupestres représentant des grands animaux, plus de 200 abris sous roche de la Cederberg conservent des représentations d’éléphants.

 

 

Sentier d'art rupestre de Sevilla et Traveller’s Rest

(Sevilla Rock Art Trail & Traveller’s Rest)

 

Les Sān n'ont laissé aucune trace écrite de leur présence millénaire dans le Nord de la province du Cap Occidental, néanmoins ils ont déposé sur les parois de nombreux abris sous roches, grottes et anfractuosités, éparpillés à travers les montagnes de la Cederberg, d’extraordinaires ensembles de peintures rupestres, datées du Late Stone Age (LSA), qui débuta vers - 40 000 ans et se continua jusqu’au temps historiques en Afrique Australe.

 

Le grand nombre de lieux où des œuvres d’art rupestre des Sān sont visible dans les montagnes de la Cederberg ne facilita pas le choix d’un site représentatif, toutefois un lieu unique, abritant des témoignages picturaux pré- et proto- historiques d’un intérêt patrimonial exceptionnel mérita que nous lui consacrions un déplacement et une visite :

Sevilla Rock Art Trail (Sentier d'art rupestre de Sevilla) ! 



Un consensus existe pour affirmer que la majorité des représentations peintes sur les rochers du Sevilla Rock Art Trail peuvent êtres datées entre - 3 500 ans et - 1 600 ans avant le présent (AP), certaines pouvant cependant dater de - 8 000 ans avant le présent (AP), ces datations sont toutefois sujettes à contradictions et débats entre archéologues !

 

Éloigné d’environ 35 km de la ville de Clanwilliam, le Sevilla Rock Art Trail se trouve dans une vallée isolée située à l’Est de la Cederberg et de la Pakhuis Mountain Pass (Col de la Maison de l’Entrepôt), en amont du point où la Route régionale R364 traverse le cours de la Brandewynrivier (Rivière du Brandevin), près du hameau de Traveller’s Rest.

 

Bien avant la construction du Traveler’s Rest Farm Stall et du Khoisan-Kitchen Restaurant, le nom de Traveller’s Rest avait été donné par des voyageurs de passage, qui se reposaient au bord de la rivière et donnaient de l'eau à leurs chevaux et bœufs, avant de franchir la très escarpé Pakhuis Pass, vers l'Ouest, ou de voyager en direction du semi-désert du Karoo à l‘Est. 



Les environs de la propriété de Traveller’s Rest Farm peuvent êtres considérés comme exceptionnels de par la qualité et la diversité des sites d’art rupestre qu’ils abritent et par la présence de plusieurs sites archéologiques datées des périodes du Middle Stone Age (MSA) et du Late Stone Age (LSA).

 

Le Sevilla Rock Art Trail (Sentier d'art rupestre de Sévilla) est ouvert au public grâce à la coopération entre les propriétaires de la Dr Frikkie Strauss and family Farm et du South African Museum. Les permis de visite (moyennant une petite compensation) doivent être obtenus auprès du Traveller's Rest Farm Stall



Le sentier du Sevilla Rock Art Trail est relativement facile à sillonner, bien qu’il soit parfois marqué par d’importantes dénivellations. La piste est balisée par des empreintes de pas et des points blancs peints sur les rochers, toutefois la randonnée requière un peu de sens de l’orientation. Elle conduit les visiteurs vers une série de 9 sites d'art rupestre, situés sous des abris sous roches, échelonnés le long d’une falaise de faible hauteur, aux contours très accidentés, bordant le versant Sud-Est de la vallée de la Brandewynrivier.

 

 

Rivière du brandevin

(Brandewynrivier)

 

La Brandewynrivier (en Afrikaans) ou Brandewyn River (en Anglais) est une rivière au débit irrégulier ; Elle prend sa source dans les Pakhuis Mountains et coule en direction du Nord-Ouest avant de bifurquer vers l'Est pour rejoindre la Doringrivier, dont elle est un affluent discontinu. 



Le nom Brandewynrivier fait référence à Grewia flava, ou brandewynbos, un arbuste ou petit arbre dont les fruits servent à fabriquer et distiller une eau-de-vie de qualité inférieure (appelée brandewyn en Afrikaans, brandywine en Anglais et brandevin en Français).

 

Le lit de la rivière est presque asséché pendant les mois de décembre, janvier et février, qui correspondent à l’été austral, cependant la Brandewynrivier peut se transformer en un torrent déchaîné pendant la saison hivernale, qui coïncide avec les mois de juin, juillet et août en Afrique du Sud.

 

 

Flore et faune de la vallée de la Brandewynrivier

(Flora and fauna of the Brandewyn rive valley)

 

La végétation naturelle de la vallée de la Brandewynrivier est riche et variée, c'est une zone de transition mixte de Fynbos (Buisson fin ou Bush) et de Strandveld (Savane arbustive) avec de nombreux éléments de végétation pré-steppiques du semi-désert du Karoo



La végétation aux abords du Sevilla Rock Art Trail se distingue par la présence d’arbustes et de plantes caractéristiques de l’Afrique Australe, qui accentuent l’atmosphère particulière de la vallée de la Brandewynrivier en amont de la Traveller's Rest Farm Stall :

Kraalbos ou Geelbos (Galenia africana L.), un arbuste aromatique dont les feuilles contiennent des flavonoïdes (antioxydants primaires) aux propriétés antibactériennes, déjà connues des chasseurs-cueilleurs Sān et des éleveurs-nomades Khoïkhoï ;

Les feuilles du Galenia africana L. étaient anciennement utilisées pour soigner les maladies de la peau et sont aujourd’hui transformé en savon et shampoing.  

Kabongs (Lapeirousia) et Moraea (Moraea fugax), deux espèce de plante de la famille des Iris (Iridaceae), endémique en Afrique subsaharienne, dont les bulbes de plusieurs espèces étaient comestibles et formaient une importante source de nourriture pour les chasseurs-cueilleurs. 

Le nom vernaculaire Kabong est dérivé de l’appellation en langage Khoïsan de ces plantes.

Les Moraea fugax, appelée « uintjies » ou « soetuintjies » en Afrikaans, leur utilisation alimentaire par les ethnies Sān était ainsi décrite au début du 19e siècle par l’Aide de Camp néerlandais du Gouverneur de la Colonie du Cap :

« La nation entière se nourrit encore principalement de petites boules d'oignon, qui sont déterrées du sol avec un morceau de bois, lorsqu'elles sont rôties, elles ont le goût de châtaignes. »

Oxalis pied de chèvre (Oxalis pes-caprae), une espèce de plantes herbacées vivaces aux fleurs de couleur brun foncé, dont les feuilles sont comestible en petite quantité. 



Kuni-bush (Rhus undulata), un arbuste commun, caractérisé par des buissons mâles et femelles, une floraison entre mai et juillet et des petites baies rouges rondes sur certains buissons. Le feuillage du Rhus undulata était utilisé par les éleveurs-nomades Namas et Khoikhoi pour diverses applications thérapeutiques : les feuilles étaient mâchées pour soigner les bronchites, et infusées pour résorber divers troubles durant la période postnatale.

Clanwilliam sugarbush (Protea glabra), appelé aussi Protées Sud-Africaines, un arbuste à fleurs, appartenant au genre Protea, partie composante du Fynbos. L’étude de ces végétaux matérialise les interactions entre plusieurs disciplines scientifiques, tel la Botanique, la Géologie et la Paléontologie, car des fossiles de pollen antédiluviens suggèrent que les ancêtres des Proteaceae poussaient déjà en Afrique Australe lorsqu’ils se trouvaient sur le paléo-continent Gondwana, à l’ère géologique du Crétacé supérieur il y a 75 à 80 millions d'années (MA). 



La faune de la vallée de la Brandewynrivier, caractéristique de la région des montagnes de la Cederberg, est très variée. Une randonnée au long du Sevilla Rock Art Trail donne fréquemment l’occasion de rencontres avec différentes sortes de grands mammifères :

Springbok (Antidorcas marsupialis) antilope sauteuse d'Afrique australe, au profil élancé et au pelage tricolore ; C’est un symbole très important en Afrique du Sud où elle est l'animal fétiche de l'équipe nationale de rugby à XV.

Kaaps hartenbeest ou Bubale roux (Alcelaphus buselaphus caama) grande antilope avec un cou court, un visage long et étroit et de grandes oreilles pointues, dont la robe est de couleur jaune sable à brun foncé, plus claire sur le dos.

Elandantilope ou Éland du Cap (Taurotragus oryx) une des plus grandes antilopes d'Afrique, caractérisée par un pelage court, jaune-brun clair, une bande dorsale noire et une crinière courte sur le dos. Ils vivent principalement de feuilles, de fruits et de graines, qu'ils trouvent dans les buissons et les petits arbres, les herbes et les tubercules, qu'ils déterrent avec leurs sabots. 



Oréotrague ou Klipspringer (Oreotragus oreotragus) une espèce de petites antilopes africaines, trapue avec une queue courte, dont la particularité est de marcher sur le dessus de ses petits sabots noirs, une adaptation à la vie dans des zones rocheuses plus escarpées. Les Oréotragues se nourrissent principalement d'herbes, de feuilles et de pousses de végétation basse, de diverses plantes, complétées par des bourgeons, brindilles, baies, fruits et de l'écorce ; Pendant la saison sèche ils se désaltèrent en absorbant l'humidité de la rosée !

 

Des singes cynocéphales et des petits mammifères sont également fréquemment visibles, sous le couvert végétal et entre les formations rocheuses :

Chacma baboon, aussi appelés Kaapse bobbejaan en Afrikaans, ou Babouin chacma (Papio ursinus) gros primates au museau nu allongé, dont le pelage est gris cendré, tirant sur le blanc ou sur l'ocre selon les individus.

Dassies ou Daman du Cap (Procavia capensis) des rongeurs de la taille d’un lièvre, ressemblant à une marmotte ou un gros cochon d'Inde, au pelage généralement de couleur grisâtre clair à brun foncé, avec sur le dos une tache arrière jaune, noire ou colorée, le dessous de l'animal étant plus pâle.  

Kaapse vos ou Renard du Cap (Vulpes chama) habitant des zones arides ouvertes, au dessus du corps de couleur gris argenté et dessous chamoisé clair, caractérisé par sa queue noire en panache.

 

Il est également fréquent de pouvoir observer de nombreuses espèces autochtones d'oiseaux, comme part exemple :



Orange-breasted sunbird, aussi appelé Oranjeborssuikerbekkie en Afrikaans, ou Souimanga orangé (Anthobaphes violacea) une espèce de passereaux appartenant à la famille des Nectariniidae, endémique des Fynbos du Sud-Ouest de l'Afrique du Sud.

Cape Rockjumper ou Chétopse bridé (Chaetops frenatus) une espèce de passereaux insectivore de taille moyenne, de la famille des Chaetopidae, endémique du Fynbos dominé par une végétation broussailleuse basse du Sud-Ouest de l'Afrique du Sud.

Rock kestrel ou Crécerelle des rochers (Falco rupicolus) un rapace de petite taille au plumage de teinte rousse, elle se nourrit principalement d'insectes, mais elle capture également un grand nombre d'oiseaux de petite taille, de rongeurs et de reptiles, y compris des serpents.

Hottentot buttonquail, dénommé Kaapse kwarteltjie en Afrikaans, ou Turnix hottentot (Turnix hottentottus) une espèce d'oiseau terrestres de petite taille de la famille des Turnicidae, ressemblant à des cailles, en voie de disparition, endémique des montagnes d'Afrique du Sud.

 

 

Peintures ancestrales du Sentier d'art rupestre de Sevilla

(Ancient paintings of the Sevilla Rock Art Trail)

 

Après avoir traversé la Brandewynrivier, à gué en saison sèche ou via le pont sur la Route régionale R364 à la saison pluvieuse, une promenade fascinante sur des terrasses rocheuses, érodées par le temps, conduit aux sites d’art pariétal. 




Le « Site 1 » du Sevilla Rock Art Trail (Sentier d'art rupestre de Sevilla) est situé à environ 1 km du début du sentier. Les peintures rupestres de cet abri sous roche sont dominées par une étrange image, de couleur noire, d'un grand groupe de personnes réunies en assemblée circulaire, superposée à des images plus anciennes, de couleur ocre rouge altérée par le temps.

 

Les plus anciennes images du « Site 1 » du Sevilla Rock Art Trail représentent des figures humaines, aux têtes stylisées, dont seul le contour est visible, aux longues jambes et mollets à la musculature prononcée, et des têtes semblant avoir été peintes en filigranes. 



La coloration du grand groupe de personnages sur le « Site 1 » du Sevilla Rock Art Trail, est devenue noire sous l’influence accidentelle d’une sorte de lichen, qui s’est fixé sur les pigments d’origine, les recouvrant complètement d’une pellicule noirâtre.

 

Le lichen, devenu noirâtre avec le temps, a la particularité de masquer la couleur utilisée à l’origine par l’artiste Sān, qui reste jusqu'à aujourd’hui inconnue des archéologues. Cette coloration accidentelle a toutefois la particularité de faire ressortir par contraste la mise en scène de cette assemblée tribale semi-circulaire, bien que cet effet de couleur n’ait pas été à l’origine recherché par l’artiste réalisateur de cette représentation pré- ou protohistorique.

 

La couleur blanche originelle, qui formait le centre des têtes des personnages, peints bien avant le grand groupe de personnages de couleur noire, a totalement disparu de ce panneau rupestre d’origine préhistorique du Sevilla Rock Art Trail



Il est généralement admis que les pigments blancs ont été décolorés ou érodés par les rayons du soleil, il est aussi très probable que les liants qui les aggloméraient (blanc d’œufs, excrément d’animaux, argile claire) se soient désagrégés, entrainant la disparition de la figuration d’origine, laissant ainsi des modèles humains manifestement tronquées, montrant des têtes en forme de point d’interrogation ou de crochet d’hameçon, dénommées « hook-headed figures » par les archéologues anglophones et « têtes de crochet » par leurs collègues  francophones, où seuls les contours de couleur ocre rouge, marquant principalement l’arrière des têtes, ont subsisté à l’usure du temps.

 


Le « Site 2 » du Sevilla Rock Art Trail est situé à quelques dizaines de mètres du « Site 1 », dans un important renfoncement de la corniche qui forme un surplomb peu profond situé à l’arrière d’une terrasse rocheuse, à seulement quelques mètres au dessus des alluvions du lit de la Brandewyn River.

 

Cet ensemble complexe d’art pariétal pourrait être appelé « Abri des animaux fabuleux » ! 



Le « Site 2 » du Sevilla Rock Art Trail contient en effet diverses représentations de figures fantastiques stylisées, qui combinent des éléments anatomiques de plusieurs animaux : mantidés (Mantidae), élands du Cap (Taurotragus oryx), girafes (Giraffa camelopardalis), léopard d'Afrique (Panthera pardus pardus), bovidés (Bovidae), gnous (Connochaetes taurinus) et zèbres de montagne du Cap (Equus zebra zebra). 

 

Certaines images présentent une morphologie animalière composite, constituée d’un corps tétrapode, combiné avec une tête en forme de pince de crabe, surmontant un long cou.

Ces allégories ressemblent à des silhouettes de girafes antédiluviennes ou à celles de dinosaures sauropodes, comme ceux ayant vécu sur le paléo-continent Gondwana et dont les restes fossilisés sont visibles dans les strates géologiques de la proche région du Karoo.

 

Parmi les représentations animales stylisées du « Site 2 » du Sevilla Rock Art Trail, une créature ressemblant à un zèbre a été peinte en superposition d’une figuration humaine. De par sa morphologie et sa silhouette, cette image est probablement une représentation du Quagga (Equus burchellii quagga), une espèce issue du zèbre des plaines (Equus burchellii), aujourd’hui éteinte. 



Les quaggas ont très certainement été l’un des animaux importants pour les chasseurs Sān, mais ils ont surtout été des proies de chasse facile à abattre avec des armes à feu et ils furent exterminés au 19e siècle par les paysans Boers, les colons européens d’origine néerlandaise implantés en Afrique australe. Dans les années 1800, la viande des quaggas était largement consommée et leur peau était tannée pour confectionner des sacs caractéristiques de leur pelage.

 

La représentation du quagga, ou zèbre, du « Site 2 », est associée à une grande tache de couleur ocre rouge, elle même superposée à une image humaine stylisée. Une autre grande tache colorée, peinte intentionnellement, se trouve également dans le voisinage d’un groupe de trois grandes figures humaines. Celles-ci présentent des caractéristiques de danseuses, qui frappent dans leurs mains pour rythmer leur dance. Elles sont entourées par des figurations humaines plus petites, dont certaines paraissent êtres des enfants jouant. Une troisième importante tache de couleur ocre rouge est visible sur ce même panneau de peintures rupestres, associée à une représentation d’un petit groupe de personnages dressés, partiellement effacé par le temps. 



Les danseuses, divers personnages et animaux de la grande fresque du « Site 2 » sont représentés comme vivant en harmonie. Leur association avec les grandes taches de couleur ocre rouge n’est pas anodine, car celles-ci sont vraisemblablement des représentations de la liaison spirituelle avec la « Terre mère », symbolisant la fertilité





Le « Site 3 » du Sevilla Rock Art Trail se trouve à une centaine de mètres au-delà du « Site 2 », au sommet d’une corniche rocheuse qui domine le lit de la Brandewyn River.

 

Ce site est remarquable de part la situation d’un énorme rocher semblant posé en équilibre au-dessus de la corniche rocheuse. Les peintures rupestres les plus marquantes sont situées dans une ouverture, semblable à un œil de cyclope, qui se trouve entre le gros bloc de roche et la falaise subjacentes. Ces œuvres d’art préhistoriques énigmatiques ne sont réellement observables qu’en s'allongeant sur le sol. 



La scène est composée par quatre représentations de ce qui semblent êtres des éland du Cap, appelés kaapse eland en Afrikaans (Taurotragus oryx), où les postérieurs des animaux, caractérisés par une queue redressée, se prolongent par l’abdomen et l’amorce de la bosse dorsale, caractéristique de cette espèce. 



Ces images des quatre animaux, représentés en profil gauche de trois-quarts arrières, donne une impression de mouvement, comme si la partie avant de l’animal était entrée dans la roche sur laquelle elle a été peinte, les pattes avant et les têtes des quatre animaux n’ayant volontairement pas étés représentées par l’artiste.


 

Le « Site 4 » du Sevilla Rock Art Trail est situé en dessous du « Site 3 ». Il est principalement remarquable par des figurations de zèbres ou de quaggas




 

Sur la distance d’un peu plus de 500m qui sépare le « Site 4 » du « Site 5 » du Sevilla Rock Art Trail il est possible d’observer plusieurs autres peintures rupestres situées sous des surplombs isolés, bien que ces figurations soit très effacées ou endommagées par le temps.

 

Le « Site 5 » du Sevilla Rock Art Trail est en parti dissimulé par un grand et ancien olivier sauvage (Olea europaea subsp. africana) dont l’âge est estimé à plusieurs centaines d’années.



De nombreuses représentations du « Site 5 », élands du Cap (Taurotragus oryx), gemsbok (Oryx gazella), quaggas (Equus burchellii quagga) et zèbre de montagne du Cap (Equus zebra zebra), sont combinées avec des représentations humaines, notamment celle d’un archer chasseur


 

Le « Site 6 » du Sevilla Rock Art Trail est caractérisé par une représentation, peinte en ocre rouge, d’une ligne de sept grandes danseuses, entourées d’autres figurations féminines semblables, mais moins facile à identifier car en partie estompées par le temps. 



Le profil des danseuses du « Site 6 », ainsi que celui des représentations féminines qui les accompagnent, révèlent une stéatopygie génétique, caractéristique de certaines ethnies africaines, notamment connue chez les populations Sān et Khoikhoi. Cette hyperplasie du tissu adipeux de la région fessière, s'étendant souvent aux parties antérolatérales des cuisses, était généralement considérée comme un trait de beauté par les femmes Sud-africaines.

 

Ce genre de représentation artistique de la stéatopygie se retrouve aussi dans l'art des populations préhistoriques européennes, comme le montrent les découvertes de diverses Vénus paléolithiques, dites Vénus stéatopyges, aux galbes fessiers particulièrement marqués. 


Sur la droite des danseuses, une grande figure classique, dite « à tête de crochet », a été peinte en superposition sur des figures plus anciennes, de couleur ocre rouge fanée. Cette superposition de peintures rupestres montre l'ancienneté des peintures sous-jacentes, dont l'antiquité est incontestablement plus grande encore que celle de la figure de couleur noire. 



La peinture du « personnage à tête de crochet », du « Site 6 », devait à l'origine avoir un visage de couleur blanche, mais celle-ci est disparue avec le temps. Cependant, nous ne saurons sans-doute jamais de quelle couleur a été la peinture originale du corps, car il est aujourd'hui recouvert par un lichen de couleur noire, comme pour la peinture de groupe humain visible sur le « Site 1 » du du Sevilla Rock Art Trail. 



Le sentier entre le «Site 6» et le «Site 7» traverse un petit ravin broussailleux en pente douce, situé perpendiculairement à la vallée de la Brandewyn River. La plupart des arbustes à feuilles grises et les herbes le long du sentier pédestre se trouvent uniquement dans cette région de la Province du Cap, ce qui rend la petite vallée et son environnement uniques.



L’arbuste le plus remarquable en cet endroit est l’olivier de sable ou bois de reinette (Dodonaea angustifolia), appelé Sand olive en Anglais et Sandolien ou Ysterbos en Afrikaans, se présentant sous la forme d’un arbuste élancé ou d’un petit arbre, capable de supporter le vent et la sécheresse à un degré remarquable, naturellement présent en Afrique australe.

 


La grande masse rocheuse qui domine le « Site 7 » du Sevilla Rock Art Trail est impressionnante. Cet encorbellement surplombe une grande surface de roche que l’on atteint facilement après une petite escalade.



Deux grands personnages à têtes en forme de crochet, aux contours du corps peint à l’ocre rouge, portant l'un et l'autre un « kaross » de couleur blanche, se détache distinctement de ce grand panneau pariétal située sur la gauche du site. 



Le « kaross » était un manteau sans manches fait de peau de mouton (Ovis aries), de chèvre (Capra aegagrus) ou d'autres animaux sauvages, dont on avait conservé la toison lors du tannage, et qui était historiquement porté par les chefs Sān et Khoikhoi en Afrique du Sud.

 

Le mot kaross est probablement originaire de la langue Khoisan, mais il pourrait aussi être issu d’une adaptation du mot hollandais kuras (cuirasse). Il est aussi utilisé pour désigner les manteaux confectionnés en peaux de chat sauvage d'Afrique subsaharienne (Felis silvestris cafra), de léopard d'Afrique (Panthera pardus) ou de caracal (Felis caracal) portés par les chefs et les dignitaires de plusieurs tribus d'Afrique Australe.

 

Le « Site 7 » du Sevilla Rock Art Trail est surtout remarquable part les représentations de deux grands éléphants de couleur jaune, semblant se suivre sur deux blocs de roche distincts. 

Ces figurations d’éléphants mesurent environ 75 cm de long, elles sont les plus grandes peintures rupestres du Sevilla Rock Art Trail




Les représentations d’éléphants du « Site 7 » sont différentes de la majorité des peintures rupestres rencontrées le long du Sevilla Rock Art Trail. Leurs dimensions sont beaucoup plus importantes et leur représentation relativement simple. Ils contrastent avec les détails et finesses de réalisation des autres œuvres d’art ; les deux éléphants semblent également superposées sur des représentations plus anciennes. 


Dans la partie haute de ce même « Site 7 » un groupe de personnages de couleur ocre rouge, situé sous le grand encorbellement représente des personnages assis qui pourraient être des femmes de haut rang ou des dignitaires Sān




Le « Site 8 » du Sevilla Rock Art Trail est distant de plusieurs centaines de mètres du site précèdent.

 

Il a la forme d'une une grotte basse qui a été utilisée pendant de nombreuses années comme « kraal », pour les chèvres ou les moutons, et qui est toujours entourée des restes d'une clôture. 

Le mot afrikaans « kraal », du portugais « curral » est utilisé en Afrique du Sud, autant en Afrikaans qu’en Anglais sud-africain, pour designer un « enclos à bétail ».

 

La principale caractéristique du « Site 8 » est constituée par les nombreuses empreintes de mains qui recouvrent les parois rocheuses. Sur le plafond de la partie la plus profonde de la grotte, des centaines d'empreintes de mains noirâtres, partiellement altérées, ont été identifiées. D'autres empreintes de mains peuvent être vues dans la partie gauche de l'abri, y compris un ensemble de minuscules empreintes de mains d'un enfant

 


Certains pensent que les empreintes de mains dans les grottes ont probablement été faites par les Khoikhoi, plutôt que par les Sān. Situées à proximité immédiate des empreintes de mains d'enfants, trois figures distinctes d'animaux, qui peuvent représenter des vaches ou des bœufs, pourraient fournir une preuve supplémentaire que les Khoikhoi ont utilisé cet abri, biens que nous n’en ayons aucune certitude.

 

Le « Site 9 » du Sevilla Rock Art Trail n’est éloigné que d’une cinquantaine de mètres du précèdent site d’art rupestre du Sevilla Rock Art Trail. Il se distingue par un énorme rocher qui, dans un passé lointain, s'est détaché du surplomb et est tombé dans l'abri. La chute de ce bloc rocheux a en partie recouvert plusieurs très anciennes peintures d'élans, de zèbres ou de quaggas, qui peuvent par ailleurs se compter par dizaines sur ce site.



Le « Site 9 » est le dernier site officiel du Sevilla Rock Art Trail et les visiteurs doivent revenir sur leurs pas pour retourner au Traveller’s Rest Farm Stall et au Khoisan-Kitchen Restaurant pour apprécier un rafraîchissement des plus bienvenu !

 

 

Épilogue

(Epilogue)

 

Les amateurs d’art rupestre, comme les archéologues avisés, ne doivent pas oublier que des dizaines, sinon des centaines, de représentations sont présentent sur les parois des abris ou cavités dans les massifs montagneux de la Cederberg !

 

Ces œuvres d’art rupestre préhistoriques et protohistoriques, fragiles, impressionnantes et complexes, demanderaient une plus longue observation que celle que nous avons pu faire lors de notre randonnée le long du Sevilla Rock Art Trail



Nous avons en effet du écourter la visite de certains sites à cause de la chaleur déjà oppressante en fin de matinée, au mois de février de cette année 2020, qui correspondait à la fin de l'été austral.

 

Cependant, nous avons l'aspiration d’avoir la possibilité, si « ǀKágge̥n », le demiurge des peuples Sān veut bien nous êtres favorable, de revenir un jour dans ces magnifiques montagnes de la Cederberg, pour redécouvrir leurs étonnants paysages qui restent gravés dans notre mémoire.

 

De même, nous espérons pouvoir parcourir les sentiers de la vallée de la Brandewyn River, ou de celle de la Doring River, et de marcher sur les pas des ethnies Sān de la Cederberg, afin de perpétuer le souvenir des peuples et artistes Sān qui ont marché en ces lieux à l'aube des temps 





Remerciements

(Special thanks)

 

« Dr Frikkie Strauss and family Farm », spécialement pour l’opportunité qu’ils offrent aux visiteurs de pouvoir découvrir les sites d’art rupestres des peuples et artistes Sān, de la vallée de la Brandewynrivier, au long du Sevilla Rock Art Trail, et aussi pour leur accueil à la Traveller’s Rest Farm Stall et au Khoisan-Kitchen Restaurant : https://www.travellersrest.co.za/gallery.php

 

Mr Peter SLINGSBY et son groupe de publication de « Slingsby Maps », pour l’introduction, la présentation et la description du Sevilla Rock Art Trail et aussi pour sa cartographie particulièrement inspirante : https://slingsby-maps.myshopify.com/search?q=Sevilla

 

« The Yellow Aloe Guest House », à Clanwilliam, pour leurs étonnants « Garden & Gift Shop » et 

« Café & Coffee Shop », situés dans un jardin extraordinaire, dans lesquels nous avons pris le temps de savourer le Rooibos tea (Thé Rooibos) des Cederberg Mountains :

https://www.yellowaloe.co.za/ya-cafe-and-coffee-shop/



 

« Sandveldhuisie Country Shoppe », Boutique d’art et d’artisanat, à Citrusdal, pour l’accueil chaleureux et l’étonnant amalgame de curiosités, produits locaux, livres, flyers, objets de toutes sortes, jardin extraordinaire, et surtout pour les connaissances partagées sur la richesse du patrimoine et l’art rupestre de la région des Cederberg Mountains : https://www.facebook.com/sandveldhuisie/?ref=page_internal



Références pour cette Blogger publication

(References for this Blogger publication)

 

Titre / Title :

« Cederberg » : Géologie et Art rupestre ancestral en Afrique du Sud !

"Cederberg”: Geology and Ancestral Rock Art in South Africa!


Auteur / Author : 

Jean-Luc Édouard MARCILLAUD  © 2020 

Mail : jeanlucmarcillaud@gmail.com  


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Bibliographie

(Bibliography)

 

« Het spoor der beschaving / De archeologie van de prehistorie » ; Titre original : « Ascent To Civilization: The Archaeology of Early Humans » ; Auteur : John A.J. GOWLETT ; Traduction : Minze bij de WEG ; Modifications : Durk (Dick) STAPERT & Arnold ZANDBERGEN, Biologisch-Archeologisch Instituut, Rijksuniversiteit Groningen ; Édition : Uitgevers-Maatschappij Elsevier ; Publication : 1984 ;

 

 « Jagers-verzamelaars en boeren in Africa, 10.000 v. C. – 200 n. C., De transformatie van een continent » ; Auteur : Richard G. KLEIN ; Publié dans : « Mensen in de Steentijd » ; Édition : Kosmos-Z&K Uitgevers, Utrecht / Antwerpen ; Publication : 1994 ;

 

« Hollow Rock Shelter, A Middle Stone Age site in the Cederberg » ; Auteur : Ursula EVANS ; Publié dans : Southern African Field Archaeology 3 : 63-73 - 1994 ; Édition : Department of Archaeology, University of Cape Town ; Publication : Janvier 1994 ;

 

« Discovering Southern African rock art » ; Auteur : Jamie HAMPSON ; Publié dans : TRACCE Online Rock Art Bulletin #14 ; Édition : Rupestre.net ; Publication : Novembre 2002 ;

 

 « Cederberg Rock Paintings: Follow the San » ; Auteur : John PARKINGTON ; Édition : Clanwilliam Living Landscape Project ; Publication : 2003 ;

 

« Eland and Therianthropes in Southern African Rock Art : When Is a Person an Animal? » ; Auteur : John PARKINGTON ; Publié dans : African Archaeological Review ; Édition : Springer Verlag ; Publication : Septembre 2003 ;

 

« South African Rock paintings in the Cedar Mountains » ; Auteur : Michael HESS ; Édition : Don Hitchcock ; Publication : April 2004 ;

 

« Une Afrique du sud oubliée. Sur les traces des San » ; Auteur : Rob NIXON ; Publié dans : Courrier International Hebdo N° 764 ; Édition : Courrier international SA / The New York Times ; Publication : 22 Juin 2005 ;

 

« L'extension du domaine du chamanisme à l'art rupestre Sud-africain » ; Auteur : Jean-Loïc LE QUELLEC ; Publié dans : Afrique & histoire - vol. 6, no. 2, 2006, p. 41-75 - Dossier : Chamanisme et art rupestre ; Édition : Verdier ; Publication : Décembre 2006 ;

 

« Cederberg Local Municipality / Cederberg Plaaslike Munisipaliteit » ; Édition : Wikipedia, the free encyclopedia ; Publication : Avril 2007 ;

 

« Engraved ochres from the Middle Stone Age levels at Blombos Cave, South Africa »; Auteurs : Christopher Stuart HENSHILWOOD, Francesco d’ERRICO, Ian WATTS ; Publié dans : Journal of Human Evolution 57 p. 27–47 ; Édition : Elsevier Ltd. ; Publication : Janvier 2009 ;

 

« San hunter-gatherer society in the Later Stone Age » ; Édition : South African History Online (SAHO) ; Publication : Mai 2011 ;

 

« San Rock Art » ; Auteur : James David LEWIS-WILLIAMS ; Publié dans : Ohio Short Histories of Africa ; Édition : Ohio University Press ; Publication : Athens, Ohio, Février 2013 ;

 

« The Cederberg : A Rugged Sandstone Topography » ; Auteurs : Lynne QUICK ; Frank ECKART ; Éditeur : Springer Publishing Company ; Publication : Mars 2015 ;

 

« Observing and Painting Elephants: San Rock Art of the Cederberg Region South Africa » ; « A Symbiotic, Symbolic and Spiritual Relationship » ; Auteurs : Andrew PATERSON & John PARKINGTON ; Publié dans : PALEO hors-série 2015 : Hommage à Norbert AUJOULAT ;

Édition : Musée National de Préhistoire, avec le concours du Ministère de la Culture et de la Communication, Direction Générale des Patrimoines, Service des Musées de France, et des Amis du Musée National de Préhistoire et de la Recherche Archéologique (SAMRA) ; Publication : Les Eyzies, 2016 ;

 

« Rock Art of the Western Cape - SEVILLA Rock Art Trail » ; Auteurs : Peter SLINGSBY ; Catherine PRICE ; William BOND ; Publié dans : Rock Art of the Western Cape, Book 1 : Traveller’s Rest ; Édition : Slingsby Maps cc ; Publication : 6th Edition Janvier 2013 ; 6th Impression : Janvier 2017 ;

 

« Stone Age landscape use in the Olifants RiverValley, Clanwilliam, Western Cape, South Africa » ; Auteurs : Emily HALLINAN & John PARKINGTON ; Publié dans : Azania - Archaeological Research in Africa ; Édition : University of Cambridge ; Publication : Septembre 2017 ;

 

« Climate change During the Late Quaternary in South Africa » ; Auteurs : Jasper KNIGHT ; Jennifer M. FITCHETT ; Publié dans : « The Geography of South Africa: Contemporary Changes and New Directions » ; Édition : Springer International Publishing AG, part of Springer Nature ; Publication : Cham 2019 ;

 

« À la recherche des premiers habitants de l’Afrique Australe » ; Auteur : Jean-Max ROBIN ; Publié dans : Bulletin de l’Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, Tome 51, 2020 ; Édition : Académie des Sciences et Lettres de Montpellier ; Publication : Mai 2020 ; 



 

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