15 mars 2019

La Charente et les Huîtres Marennes-Oléron : de la source à l’estuaire, un fleuve source de vie et d’échanges !



La Charente : un fleuve débordant d’histoires !

            La Charente est le 7ème fleuve de France de par sa longueur !
            Dans un excès de romantisme avant la lettre, les Roi François 1er et Henri IV qualifiaient le Fleuve Charente de « Plus beau ruisseau du Royaume ».

            La Charente prend modestement naissance à 295 mètres d’altitude, sur le versant d’un vallon dominant quelque peu le bourg de Chéronnac, qui fut appelé « Caronacum » à l’Époque Romaine, Charempnhac au 13e siècle et Charempnac au 14e siècle.

            La Charente parcourt une distance d’un peu plus de 381 kilomètres de sa source, près de Chéronnac, jusqu'à à son embouchure, au niveau de l'ancien Golfe des Santons, dans le Pertuis d'Antioche, en Charente-Maritime. En ligne droite, la distance parcourue par le fleuve est seulement de 170 km, mais sa longueur est plus que doublée par ses nombreux méandres.


Source aménagée de La Charente, proche du bourg de Chéronnac, en Haute-Vienne


            Les sources de la Charente et le début agreste de sa vallée se trouvent sur le territoire de la commune de Chéronnac, caractérisée par un sous-sol granitique imperméable et située sur les contreforts de l’ouest du Massif-Central, dans l’aire du Cratère d’impact de l'astroblème de Rochechouart, la Communauté de communes Porte Océane du Limousin, le département de la Haute-Vienne et le Parc Naturel Régional Périgord-Limousin, en Région Nouvelle Aquitaine !

            Le Fleuve Charente traverse aujourd’hui les départements de la Haute-Vienne, de la Vienne, de la Charente et de la Charente-Maritime, comme il traversait autrefois les anciennes provinces du Limousin, du Poitou, de l’Angoumois, de la Saintonge et de l’Aunis.

            Le bassin versant du Fleuve Charente s'étend sur une superficie de 10.550 km², avec un total de 6.650 km de cours d’eau. La Charente est l’épine dorsale d’un système hydrographique administrativement et géographiquement découpé en cinq sous bassins : Charente amont ; Tardoire - Touvre ; Charente aval ; Boutonne ; Marais - Littoral.


Le bassin du fleuve Charente et ses sous bassins hydrographiques


            Le bassin versant de la Charente bénéficie d’un climat doux et ensoleillé avec des précipitations modérées (entre 600 et 700 mm par an sur la côte et 900 mm à l’Est).
Ceci influence le débit du fleuve, qui est faible en certaines saisons, bien que des crues hivernales soient relativement fréquentes entre Mansle, en Charente, et Tonnay-Charente, en Charente-Maritime.

            De la Source à Chéronnac, en Haute-Vienne, jusqu’à l’Estuaire en Charente-Maritime, une quarantaine d’affluents viennent renforcer le cours du Fleuve Charente : 24 ruisseaux et 17 rivières. On dénombre un peu plus d’une douzaine d’affluents principaux sur de la rive droite de la Charente et quatorze sur la rive gauche. 


Pont médiéval sur la Charente, à Chatain, dans la Vienne


            La Charente arrose les villes de Savigné et de Civray, dans le département de la Vienne, de Verteuil-sur-Charente, de Mansle, d’Angoulême, de Châteauneuf-sur-Charente, de Jarnac et de Cognac, dans le département de la Charente, de Saintes, de Saint-Savinien, de Tonnay-Charente et de Rochefort-sur-Mer, dans le département de la Charente-Maritime.

            L’Estuaire de la Charente débute au passage de la ville de Rochefort-sur-Mer, où les eaux douces charriées par le fleuve se mélangent à l’eau de mer en aval du bourg de Soubise, en fonction des débits du fleuve, ainsi que de la hauteur et du coefficient des marées.


Charente : What's in a Name ?

            La mention la plus anciennement connue de la Charente est due à l’astronome, mathématicien, astrologue et géographe grec Claúdios Ptolemaîos (Ptolémée), qui vécu entre  90 et 168, dans son ouvrage « Geographike Hyphegesis », publié vers l’an 150 de notre Ère, il la désigne sous le nom grec de Κανεντελος (Kanentelos).

            La plus ancienne mention connue en langue latine de la Charente est « Carantonus », elle remonte au 4e siècle et se trouve dans un vers du poète latin et gallo-romain Decimus Magnus Ausonius (Ausone), né vers 309 et décédé vers 395, en ces termes : « Santonico refluus non ipse Carantonus aestu ».


Decimus Magnus Ausonius (Ausone)


            Au 5e siècle, le géographe et navigateur grec Marcianus Heracleensis, dans son ouvrage « Périple de la mer extérieure » désignait la Charente sous le vocable de Canentelos.

            Au 9e siècle, le Fleuve Charente est décrit sous le vocable de « Fluvium Karantonæ » dans un diplôme rédigé vers 817, sous le règne de Louis le Pieux dit Louis le Débonnaire (778-840), Roi d'Aquitaine (781-814) et Empereur d'Occident (814-840).

            Au cours de ce même 9e siècle, le Fleuve Charente est nommée « Carantino fluvio » dans un diplôme établi en 848, sous le règne du Roi Pépin II d'Aquitaine, né vers 823 et décédé après 864, concernant des droits accordés à l’Abbaye de Saint-Maixent en Poitou : « discurrere quite atque regredi secure in Carentino fluvio ».

            L’origine du nom Carantonus, devenu Charanta dans la Langue occitane médiévale, se perd dans la nuit des temps et la signification de la racine étymologique ne fait pas l’unanimité parmi les spécialistes de l’histoire linguistique et les archéologues, il existe plusieurs théories des origines du non Charente.

            Selon Léon Faye (1810-1855), Membre de la Société des sciences naturelles de la Charente-Inférieure, le nom Charente serait issu des mots Gaulois « car » ou « caran », signifiant la beauté des eaux, et « ton » désignant la profondeur de son lit.

            Ceci aurait donné le nom « Caranton » qui, combiné au suffixe latin « us », correspond au nom « Carantonus » mentionné par le poète latin et gallo-romain Ausone au 4e siècle.


« Carentonus » gardien des eaux du Fleuve Charente


            Selon le linguiste Pierre-Yves Lambert, spécialiste de l'étymologie des langues celtiques et auteur du Dictionnaire de la Langue gauloise, le mot « Carantonā » serait un vocable qui découle de « Carantō », issu du celte « carat », duquel est dérivé le mot gaulois « karant » : ami ou aimé ; Le fleuve Charente serait donc « Le cours d'eau ami » ou encore « Le fleuve aux eaux plaisantes », à cause de son cours lent et paisible, dans la partie principale de la vallée.

            Il est généralement admis que l’hydronyme « CAR », qui constitue la première partie du nom latin de la Charente aurait une origine pré-celtique. Ce serait cette origine pré-celtique du nom « CAR « , qui, combinée avec le suffixe « ONNA », aurait plus tard donner le nom « CARANTONA », qui pourrait-être liée à une proto-écriture apparue dans le Bassin de la Charente à la Période du Bronze Final III, vers 900 avant notre Ère.

            Le Fleuve Charente fut en latin médiéval, tour à tour, dénommé : « Karrantona » en 872 ; « fluvium Cerantonia » en 951 ; « Carentaneum flumen » en 961 ; « fluvium Cherantonia » en 968 ; « fluvium Carantonis » en 1017 ; « fluvium quod Karanta dicitur » en 1039 ; « in flumine Carante » en 1048 ; « fluvium Quarantonem » en 1071 ; « in alveo Carantonis fluvii et aquam nomine Karantem » en 1080 ; « Charantam » en 1100 ; « in flumine Caranta apud sanctonas » en 1112 ; « in omnibus aquis nostris de Charanta » en 1166 !

            La Charente coulait autrefois pour la totalité de son cours dans l’aire de la Langue occitane, mais l’évolution linguistique provoquée par les repeuplements des campagnes charentaises après la Guerre de Cent Ans fut telle que le fleuve serpente aujourd’hui dans des terroirs ou les dialectes de Langue d’Oc et de Langue d’Oïl s'interfèrent, dans quatre régions dialectales distinctes !


Limites des parlers d’Oïl et d’Oc et du Croissant marchois


            La première région dialectale traversée par le Fleuve Charente appartient au Dialecte Limousin de Langue occitane, elle va de la source de la Charente, à Chéronnac en Haute-Vienne, jusqu’à Ambernac, au Nord-Est du département de la Charente.

            La seconde petite région dialectale, rencontrée entre Ambernac et Benest, est celle du Dialecte Marchois, qui forme une zone de transition linguistique entre la Langue d'oc et la Langue d'oïl, ce dialecte ayant toutefois d’importants caractères du Dialecte limousin.

            La troisième région dialectale rencontrée est celle du Dialecte PoitevinPouétevin au travers duquel le Fleuve Charente passe en arrosant le Civraisien, dans la Vienne, et le Ruffécois, dans le département de la Charente.

            Après la région de Mansle, ville du Département de la Charente, le cours du Fleuve Charente entre définitivement dans le Domaine dialectal Saintongeais, dans lequel il coule jusqu'à son embouchure en aval de Rochefort-sur-Mer, en Charente-Maritime.

            La Charente est appelée Charanta dans le Dialecte limousin de la Langue occitane et Chérente en Dialecte saintongeais.


La Charente : Fleuve navigable, chemin d’eau et de vie

            La Charente était facilement navigable et elle fut utilisée dès la Période Néolithique pour le transport des personnes et des vivres, ceci est confirmé par les découvertes archéologiques de pirogues monoxyles, autrement dit taillées dans un seul morceau de bois, telle celle découverte à Bourg-Charente en 1979, datée d'environ 3000 ans avant notre Ère.

            Pendant la protohistoire, au Second Âge du fer, la Charente servit au transport du sel, grâce au petit gabarit des embarcations de l'époque.

            Les embarcations à fonds plats, d’un gabarit suffisamment important pour transporter des charges plus lourdes, furent utilisées à la Période Gallo-romaine pour les transbordements des marchandises et denrées, autant de l’amont vers l’aval qu’en remontant le Fleuve Charente vers les hautes terres.


Pont romain sur la Charente dans la ville gallo-romaine de Mediolanum Santonum (Saintes)


            Cette tradition de petite batellerie fut perpétuée sur le Fleuve Charente au Moyen-âge.

            La navigation moyenâgeuse est confirmée par la découverte de l'épave d'Orlac, en Charente-Maritime, datée de la première moitié du 11e siècle et fouillée de 1987 à 1988.
Cette grande barque, longue de 15,50 m et large de 2,10 m, possédait une architecture de type monoxyle-assemblé, avec des caractéristiques originales appropriées à la navigation sur la Charente.
            Les chargements de sel de mer transitèrent pendant tout le Moyen-âge le long du Fleuve Charente, car celui-ci était navigable de son embouchure jusqu'à la ville d’Angoulême, et même jusqu’à Montignac-sur-Charente et Marcillac-Lanville dans les périodes de fortes eaux.

            Une ordonnance royale, datée de 1280, confirma la construction de quais au Port de l'Houmeau, situé dans un méandre du fleuve au pied des remparts d’Angoulême.

            Pendant le Moyen-âge, après la période des Grandes Invasions et la chute de l’Empire Romain, les huîtres du Bassin de Marennes-Oléron ont continué d’êtres consommées. Cette consommation était cependant principalement réservée aux populations côtières. Pour des raisons de couts de transport seuls les nobles et les riches bourgeois des grandes villes éloignées des côtes s’autorisaient à acheter ces coquillages rares et chers.

            L’Époque de la Renaissance fut une période faste pendant laquelle le commerce des huîtres se démocratisa et gagna, grâce au transport fluvial et à la réutilisation d’anciens chemins réaménagés, les provinces éloignées des côtes de l’Atlantique.

            Le commerce fluvial sur la Charente s’accentua après l’Époque de la Renaissance pour trouver son apogée au 19e siècle.


Gabares charentaises sur la Charente, amarrées sur les quais du port fluvial de Cognac


                  C’est pendant le Second Empire que la batellerie charentaise commence à sentir la concurrence du rail, suite à la construction de lignes de chemins de fer par la Compagnie des chemins de fer des deux Charentes. La ligne entre Rochefort et Saintes est ouverte en avril 1867, celle entre Saintes et Cognac en mai 1867 et celle entre Cognac et Angoulême en octobre 1867. Cependant les gros transports de marchandises continuèrent à se faire sur le Fleuve Charente jusqu’au début du 20e siècle.

            C’est aussi pendant le Second Empire, sous l’impulsion décisive de Napoléon III, que la mise en culture de l’huître se structura réellement. Les acteurs de la filière ostréicole mettront en œuvre les bases d’une ostréiculture moderne et détermineront avec les autorités préfectorales l’organisation concertée de l’exploitation du domaine maritime.

            Avant la construction des lignes de chemin de fer, qui reliaient les villes de la Côte Atlantique Saintongeaise avec les villes de Saintes, d’Angoulême et de Limoges, la majorité des transports sauniers et mareyeurs furent fait sur le Fleuve Charente, la navigation des gabares charentaises, entre Angoulême et Rochefort, contribua à la renommée du Port de l'Houmeau.

            Le Port de l'Houmeau à Angoulême devint, pendant les 18e et 19e siècles, une plaque tournante du commerce des produit de la mer, qui remontaient de l’embouchure sur des gabares qui charriaient principalement le sel et les poissons, mais aussi en saisons automnale, hivernale et printanière, les moules et les huitres du Bassin de Marennes-Oléron.  


Bourriche d’huitres de claires de Marennes-Oléron


            Les ports fluviaux sur le Fleuve Charente furent depuis le Moyen-âge jusqu’au 19e siècle des point de passage obligés pour le transport des marchandises et des denrées. Ainsi les ports de Cognac et de Jarnac virent passer bon nombre de tonneaux et de flacons d’Eau de vie et de Cognac qui partaient ensuite, depuis les ports de la Côte Atlantique vers l’Angleterre, les Pays-Bas et les Amériques.

            De même un grand nombre de commandes de papiers de qualité, qui étaient produits dans les moulins à papier de l’Angoumois, et étaient destinés aux imprimeurs des Pays-Bas, tel le Vélin d’Angoulême, transitèrent par le Port de l'Houmeau à Angoulême.

            Le Port de l'Houmeau fut aussi le point d’embarquement des produits des forges de la région de Chéronnac et des vallées de la Tardoire et du Bandiat, dans l’actuel Parc Naturel Régional Périgord-Limousin, qui écoulaient leur productions de fer à la Fonderie Royale devenue Fonderie Nationale de Ruelle sur Touvre, spécialisée dans la fabrication des canons de marine destinés à l’Arsenal de Rochefort et à la marine nationale !  


Embarquement d’un canon de la Fonderie Nationale de Ruelle,
sur le Quai de Port l’Houmeau à Angoulême


L’Estuaire de la Charente et le Golfe des Santons : le domaine des huitres

            Entre le bourg de Port-des-Barques, sur la rive gauche et la ville de Fouras sur la rive droite, les eaux du fleuve se mêlent définitivement à celles de l’Océan Atlantique à hauteur de l'Île Madame, en Charente-Maritime.

            Les variations des apports en eau douce de La Charente influent sur le taux de salinité des eaux de mer à l’avant de l’estuaire. Celle-ci est inférieure à la proportion de salinité des eaux du plein océan. Cette salinité, caractéristique des Pertuis charentais, favorise l’ostréiculture du Bassin de Marennes-Oléron, ainsi que la culture des huitres aux abords de l'Île Madame, de la Presqu’île de Fouras et de l'Île d'Aix.

            L’aire géographique pour la naissance, l’affinage et l’élevage en claires des huîtres du Bassin de Marennes-Oléron, est répartie sur vingt sept communes des côtes de la Charente-Maritime. Les claires, qui sont d’anciens marais salants reconvertis, utilisées pour l’élevage et l’affinage des huitres, étendent leur mosaïque d’eau et de levées de terre sur plus de 3.000 hectares dans l’estuaire de la Seudre et sur la côte de l’Île d’Oléron et dans les Pertuis charentais.




Carte du Golfe de Saintonge il y a 2000 ans, 
par l’Abbé Victor Auguste Lacurie (1799 – 1878) 


            Comme pour la vie aquatique en eaux douce, la vie en eau salée ou en eau saumâtre est dépendante de la qualité de l’eau. Le littoral de Charente-Maritime, où se mêlent des zones d’eaux salées et d’eaux saumâtres, est propice à la reproduction et à l'élevage des huitres et d’autres coquillages, soumis à l'influence des eaux douces de la Charente.  

            La culture des huitres est largement tributaire de la qualité et de la quantité des eaux apportée par le Fleuve Charente. Celles-ci sont la source principale d’éléments minéraux nécessaires à la croissance des huîtres.

            Lorsque le débit du fleuve est insuffisant en période de basses-eaux, sous l’influence climatique ou sous celle des pompages pour les cultures exigeantes en eau, la salinité du Bassin de Marennes-Oléron augmente ce qui influence le gout des huitres, qui deviennent plus salées.


Claires pour l’affinage des huitres, dans le Bassin de Marennes-Oléron


Les huitres de Marennes-Oléron de l’estuaire à la source de la Charente

            Les huîtres plates, « ostréa-édulis », du littoral charentais étaient connues dès l’Époque Gallo-romaine, elles faisaient l’objet de ramassages sur des bancs naturels où elles abondaient. Les Romains et les Gallo-romains en étaient très friands et le poète latin Ausone, qui vécu dans la région de Burdigala (Bordeaux) et en Saintonge au 4e siècle de notre Ère, vanta la qualité des huîtres des Rivages du Médoc et celles en provenance de la Mer des Santons.

            Les Gallo-Romains connaissaient déjà la pratique du « trompage », qui consistait à habituer les huitres à vivre hors de l’eau. Des lieux de stockage, remplis d’huîtres fermées en attente de consommation ou de transfert, ont été découverts sur des sites archéologiques de l’Époque Gallo-romaine, en Charente, notamment aux abords du site du Théâtre gallo-romain des Bouchauds, monument principal de la bourgade gallo-romaine de Germanicomagus
Des coquilles d’huitres ont été par ailleurs découvertes dans de nombreux sites de villas gallo-romaines de la Civitas Ecolismensium et de la Civitas des Lémovices.

            Ces découvertes archéologiques laissent supposer que déjà à l’Époque Gallo-romaine, les huitres originaire du Bassin de Marennes-Oléron étaient remontées de l’estuaire vers la région de la source du Fleuve Charente !

            Il est certain qu’à l’Époque Romaine le sel en provenance de la Côte Atlantique de la Saintonge était transporté par bateaux à fond plats sur la Charente. Il est donc très probable que les huitres du Bassin de Marennes-Oléron suivaient le même chemin fluvial vers l’arrière pays charentais.


Coquilles d’huitres datant de l’Époque Gallo-romaine


            Arrivés sur les quais du port fluvial de Mediolanum Santonum, l’actuelle ville de Saintes en Charente-Maritime, ou sur ceux du port gallo-romain de Condate, situé près du confluent du Fleuve Charente avec ses affluents le Né et l’Antenne, le sel et les huitres étaient transbordées sur des chariots. Ces produits de la mer transitaient ensuite le long de la Via Agrippa, vers l’intérieur des terres.


Vestiges de la voie romaine, dite « Via Agrippa »,
entre Montignac-sur-Charente et Saint-Cybardeaux


            La Via Agrippa était une importante voie romaine, elle reliait les villes de Mediolanum Santonum (Saintes en Charente-Maritime), avec la ville gallo-romaine d’Augustoritum (Limoges en Haute-Vienne), et allait finalement rejoindre l’agglomération gallo-romaine de Lugdunum, (Lyon), capitale des trois provinces de Gaule romaine.

            La Via Agrippa demeura pendant quinze siècles un grand chemin venant de la Côte des Charentes vers les hauteurs du Massif-Central et l’arrière pays, elle fut aussi utilisée comme route du sel et route militaire pendant tout le Moyen-âge et les Temps Modernes.

            Le parcours de la Via Agrippa est encore visible dans la traversée des départements de la Charente-Maritime et de la Charente, où elle encore nommée « Chemin des Romains » entre Saint-Sauvent et Saint-Vivien, puis de nouveau entre Cherves-Richemont et Saint-Cybardeaux, puis elle allait traverser le cours de la Charente à hauteur de Montignac-sur-Charente, et passait ensuite près des Thermes gallo-romains de Cassinomagus, (Chassenon, en Charente-Limousine) situé à une quinzaine de kilomètres de Chéronnac et des Sources de la Charente !


Bibliographie succincte :

            « Les coquillages marins : objets archéologiques à ne pas négliger. Quelques exemples d'exploitation et d'utilisation dans l'Ouest de la France », par Yves GRUET ; Publié dans : Revue Archéologique de l'Ouest ; Édition : 1993 ;

            « Les villes moyennes du fleuve Charente. Évolution historique et économique depuis l'Antiquité » ; par Roger RENARD ; Publié dans : Norois, n°159 ; Édition : Juillet-Septembre 1993 ;

            « Mises à jour des manuels d'onomastique » ; Publié dans : Nouvelle revue d'onomastique, n°21-22 ; Édition : 1993 ;

            « Préhistoire de la Charente – Les temps anté-historiques en Angoumois à travers les collections du Musée d’Angoulême » ; par André DEBENATH et Jean-François TOURNEPICHE ; Édition : GERMA ; Publication : 1993 ;

            « Le bassin versant de la Charente : une illustration des problèmes posés par la gestion quantitative de l'eau », par Christian BRYA et Paul HOFLACKB, de l’INRA ; Publié dans : Courrier de l’environnement de l’INRA, n°52 ; Édition : Septembre 2004 ;

            « Navigation et ports fluviaux dans la moyenne Charente, de l'Antiquité tardive au XIe siècle d'après l'archéologie et les textes », par Jean CHAPELOT et Éric RIETH ; Publié dans : Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public ; Numéro thématique : Ports maritimes et ports fluviaux au Moyen Age ; Édition : 2004 ;

            « Présentation des schémas des structures des cultures marines de Charente-Maritime » ; Publié par : Direction Départementale des Territoires et de la Mer 17/Service des Activités Marines/Unité Cultures-Marines et Pêches Marennes ; Édition : décembre 2017 ;


Cette publication, « La Charente et les Huîtres Marennes-Oléron : de la source à l’estuaire, un fleuve source de vie et d’échanges ! », a été initiée par l’association Les Amis de Saint-Eutrope et des Sources de la Charente et la Mairie de Chéronnac, en Haute-Vienne, dans le Parc Naturel Régional Périgord-Limousin, Région Nouvelle Aquitaine.
Auteur : J-L.E. Marcillaud ©
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