18 mars 2012

« J’existe dans ce que j’écris », Hella S. Haasse

Rentré aux Pays-Bas, après avoir passé plusieurs jours de formation intensive à Bruxelles, en Belgique, pour un sujet à mils lieux de la littérature et des lettres (à moins que les manuels informatiques en langue anglaise puissent être considérés comme une forme mineure de poésie abstraite),  je me trouvais ce samedi 17 mars 2012 à Rotterdam, en Hollande, où la recherche d’un cadeau d’anniversaire approprié pour un voyageur en partance pour l’Amérique du Nord m’amena à visiter deux librairies.

Ma quête d’un ouvrage touristique ne fut couronnée de succès que lors de ma visite à la succursale « Selexyz – Donner » de la ville portuaire hollandaise, cette satisfaction fut complétée par la découverte dans les rayonnages de l’assortiment des antiquités et curiosa d’un ouvrage dédié à celle qui fut l’une des plus grandes écrivaines de la littérature européenne du 20ème siècle, j’ai nommé Hella S. Haasse  (Batavia, 1918 – Amsterdam, 2011), auteur d’un imposant monument littéraire.

Comme je le disais précédemment dans ce blog, cette grande dame de la littérature néerlandaise nous à quitté suite à une longue carrière, le 29 septembre 2011 à l’âge respectable de 93 ans.
Mais comme bon nombre d’admirateurs je ne doute pas que si elle en avait eu la force physique elle aurait été capable de nous émerveiller encore longtemps par son talent narrateur particulier.
N’en est pour preuve que cet ouvrage parut en 2008 aux éditions QUERIDO, découvert aujourd’hui par le plus grand des hasards : « Ik besta in wat ik schrijf » [J’existe dans ce que j’écris].

Cet essaie biographique, composé par Patricia de Groot, émaillé de textes et citation inédites de Hella S. Haasse, permet de suivre l’écrivaine hollandaise de sa prime enfance aux Indes-Hollandaises, dans les années 1920, jusqu’en 2008, année de son 90ème anniversaire, qui correspondait en France avec l’édition d’un de ses ouvrages : « Aloe ferox [Het tuinhuis] », traduit en français et  publié par Actes Sud, à Arles, ville des Bouches-du-Rhône.
L’attachement à la France et à la Francophonie de l’écrivaine Hella S. Haasse fut très personnel, puisqu’elle vécu avec son époux Jan van Lelyveld entre août 1981 et août 1990 au nord de Paris, dans le village de Saint-Witz, dans le Val-d'Oise, en Île-de-France, dont elle devint citoyenne d’honneur l’année de son retour en Hollande.

Ce séjour de presque dix années dans la région de Senlis n’a pas été sans porter ses fruits littéraires, puisque Hella S. Haasse, en relation avec Marie Françoise Carbonnelle pour les illustrations, avait rédigé « Ogenblikken in Valois » [Instants en Valois], publié pour la première fois en 1982 par les éditions A.W. Sijthoff, à Alphen aan den Rijn, en Hollande.

Cet ouvrage valu à Hella S. Haasse de recevoir le 6 mai 1984, au Palais de la Mutualité à Paris, des mains de l’écrivain français, d’origine belge, Félicien Marceau, le « Diplôme de médaille d'argent », qui lui avait été attribué par la Société Académique d’Éducation et d’Encouragement couronnée par l’Académie Française, « Arts – Sciences – Lettres », en tant que femme de lettres.

L’ouvrage « Ik besta in wat ik schrijf » [J’existe dans ce que j’écris], nous rappelle par ses nombreuses illustrations, combien le temps qui passe inexorablement peut être cruel avec les êtres humains, et combien il est illusoire de ne vouloir observer que l’enveloppe extérieure de la personne.
Car entre la photo de couverture du livre, représentant Hella S. Haasse en 1948, lors de la signature de la première édition de son livre « Oeroeg », et la dernière photo de l’ouvrage représentant l’écrivaine lors de la célébration de son 90ème anniversaire en 2008, il y a un monde. Ce qui reste est une immense œuvre littéraire et le souvenir d’une personne unique en son genre qui avait entre Batavia, aux Indes-Néerlandaises, et Amsterdam, aux Pays-Bas, traversé son siècle avec le regard que peuvent poser sur lui les témoins éclairés.

09 mars 2012

Nomination pour l'inscription par l'Unesco des fresques des Salles-Lavauguyon au patrimoine mondial

Ces derniers temps, l'on voit fleurir dans les journaux (papier ou électroniques), les blogs, les sites internet, les messageries et autre médias sociaux, un engouement pour le label UNESCO, on pourrait se poser la question de savoir : "Qui n'a pas encore réclamé l'inscription d'un site au patrimoine mondial?"


Laurent de Rome,
face à l’empereur Dèce
Le site "Internaute Week-end" avait à l'automne 2010 posé cette question à ses lecteurs : "Quel site français aimeriez-vous voir inscrit par l'Unesco au patrimoine mondial ?"
Les réactions furent diverses et relativement nombreuses, comme on pourrait s'en douter, mais elles demeuraient dans le domaine du raisonnable : sites culturels 33 contributions ; sites naturels 39 contributions ; sites mixtes 24 contributions.
Au moins deux contributrices ont vu leur souhait exaucé, Albi ayant reçu entre temps le label de l'UNESCO, mais la plupart des autres sont encore dans l'attente de la reconnaissance par les instances culturelles internationales du mérite de leur site préféré.
Vous pouvez vous douter que votre serviteur s'était efforcer de manipuler le clavier du mieux qu'il pu pour présenter les fresques romanes des Salles-Lavauguyon:
http://www.linternaute.com/sortir/temoignage/temoignage/347141/fresques-romanes/.
Malheureusement les soutiens pour cette inscription se firent et se font encore attendre!


Martyr d’Eutrope de Saintes,
inspiré de celui d’Étienne
Si la quiétude de la campagne limousine, la qualité du tourisme vert, la diversité des centres historiques ne sont plus à démontrer dans le périmètre du Parc Naturel Régional Périgord-Limousin, les sites culturels d'exception restent tout de même isolés et pâtissent du manque de moyen directs d'accès  et du manque de possibilité d'hébergement.
Pourtant les fresques romanes, datant du milieu du XIIème siècle, de l'églises prieurale des Salles-Lavauguyon mériteraient mieux qu'une annotation, associé aux Pays de la Météorite et la région de Rochechouart en Haute-Vienne, dans les guides touristiques.

Mais l'air du temps est à d'autres préoccupations, la crise financière que nous vivons et la flambée des prix des carburants limitent sérieusement les déplacements des passionnés du patrimoine historique et culturel.


Mise au tombeau
d’Eutrope de Saintes
La remise au goût du jour de l'ancien chemin de pèlerinages entre l'Abbaye Saint-Sauveur de Charroux, en Poitou, et l'abbaye Saint-Pierre de Brantôme, en Périgord, pourrait redonner vitalité à cet ancien important lieu de pèlerinage marial.
Nous ne pouvons que souhaiter que les curieux retrouvent le chemin de la Bonne Fontaine Saint-Eutrope des Salles-Lavauguyon et découvrent par la même occasion l'unique beauté des fresques romanes à la couleur bleu intense, dans la composition de laquelle serait entré du lapis-lazuli.

03 janvier 2012

La cloche de l'église des Salles-Lavauguyon

Après 150 ans de bons et loyaux services, la cloche, paroissiale et communale, de l'église des Salles-Lavauguyon commençait à présenter quelques signes de déficience mécanique et sonore.

Cloche lors de sa dépose
Ceux-ci se manifestaient entre autre par une usure de la cloche sur sa face intérieure, provoquée par les coups répétés du battant lors de la sonnerie des heures et de celles des cérémonies. Le son un peu « fêlé » de cette cloche annonçait la présence de quelques fissures qui risquaient de lui être à la longue fatales.

Afin d’apporter les réparations et renforcements nécessaires à prolonger sa vie et son usage il était impératif de la déposer, c'est-à-dire de la démonter de son support en charpente et de la descendre du clocher en la faisant passer par l’orifice aménagé au centre de la coupole par les bâtisseurs.

Cette opération délicate de démontage et de transport a été effectuée par les soins des techniciens de la fonderie Bodet. Ainsi, pour la première fois, depuis sa fabrication en 1861, la cloche des Salles-Lavauguyon quitta, par la force des choses, son emplacement d’origine pour s’en aller, non pas à Rome mais entre Nantes et Angers, à Trémentines au sud de la Loire, où l’attendaient les spécialistes de la soudure de cloches et les fondeurs qui devaient lui administrer une cure de jouvence bien méritée.

Comme nous venons de le voir, la cloche de l'église des Salles-Lavauguyon date de 1861, mais cette fabrication n’était pas la première fonte de cloche qu’avait connu le sanctuaire paroissial, puisque la fonte celle-ci, au Second-Empire, avait consisté en une refonte du bourdon précédent.


Battant de la cloche
 lors de la dépose
La cloche des Salles-Lavauguyon porte sur l'extérieur plusieurs inscriptions et illustrations qui permettent d’éclairer ses origines. La série d’inscriptions a été réalisée sur trois bandeaux qui se succèdent sur sa partie supérieure. Il est intéressant de noter que le fondeur de cloche de l'époque avait visiblement des difficultés pour respecter l'orthographe et le positionnement des lettres du texte, ce qui explique les doublures et les quelques inversions de caractères.

La première ligne de la dédicace se lit à partir d'une main stylisée dont l'index désigne la première lettre du texte. Cette main symbolise la main divine, telle qu’on peut la voir également représentée dans les fresques du 12e siècle qui ornent les murs de l’église prieurale des Salles-Lavauguyon, ce qui prouve une continuité dans l’utilisation des symboles chrétiens au travers des siècles, puisque près de 600 ans séparent les fresques romanes et la cloche de 1861.

L’épigraphe est composée en lettres majuscules de type romain et se déchiffre comme ceci  : « REEFONDUE EN 1861 Mrs JH FAURE MAIRE ET Ld VERNADEAU CURE », une simple croix stylisée est intercalée dans le texte qui continu en précisant, « PARRAIN Mr L DELACROIX DE FLAVILLE ». Cette première ligne se termine sur son point de départ, c'est-à-dire le poignet de la main stylisée.
Epitaphe et mains stylisées
Le deuxième bandeau du texte se lit, tout comme le premier, à partir d'une main symbolique identique à la précédente : « REPRESENTE PAR Mr SON BEAU FRERE FERNAND DE CHASSAYS », un petit espace cette précision de la partie suivante du texte, « MRARAINE Melle BERTHE FAURE REPREESENTEE ». Cette seconde ligne de l’épigraphe se termine de la même façon que celle qui la précède.

Le troisième et dernier bandeau de l’inscription se lit comme les deux précédents à partir d'une main stylisée, le texte se poursuivant ainsi : « PAR Mme Fse LONGEAU LAGRANGE SA GRAND MERE ». Cette dernière partie de la citation se termine sans signe particulier, et  ne fait pas non plus le tour complet de la cloche comme les lignes de texte précédentes, puisqu’un intervalle important sépare la lettre E de la main stylisée.

La base de la cloche est ornée sur une face par une représentation symbolique d’un Christ en croix. Cette représentation du Christ surmonte l’inscription : "MARTIN FONDEUR".


La Vierge à l’enfant (Marie tenant Jésus dans ses bras)
Sur l’autre face de la cloche se trouve une représentation stylisée d’une Vierge à l’enfant (Marie tenant Jésus dans ses bras). Ceci s'explique par la Dédicace de l'église des Salles-Lavauguyon à Marie de Nazareth, mère de Jésus-Christ.

Un exercice de transcription de l’épitaphe semble s’imposer pour en faciliter la lecture, voici donc ce que le texte nous apprend : « Refondue en 1861, Messieurs  Joseph Faure, maire, et Léonard Vernadeau, curé ; Parrain Monsieur Léonard Delacroix de Flaville, représenté par son beau frère Fernand de Chassays ; Marraine Mademoiselle Berthe Faure, représentée par Madame Françoise Longeau Lagrange, sa grand-mère ».

Monsieur Joseph FAURE, fut maire des Salles-Lavauguyon pendant trois mandats. Il figure avec certitude sur les registres des mariages, décès et naissances en tant que maire et officier de l'Etat Civil en 1854, 1855 et 1861, l’année de la refonte de la cloche.

Pendant le Second-Empire, sous la constitution en vigueur entre 1852 et 1870, bien que les conseils municipaux soient élus au suffrage universel, conformément aux dispositions de la loi sur l’organisation municipale votée le 5 mai 1855, les maires des communes de moins de 3000 habitants, étaient nommés par le préfet.

Epitaphe et croix stylisée
Léonard VERNADEAU, avait été ordonné curé des Salles-Lavauguyon en 1860, il était donc prêtre de la paroisse des Salles-Lavauguyon depuis près d’un an lors de la refonte de la cloche en 1861. Il  officiera pendant plus de quarante ans dans cette même paroisse, jusqu'à son décès survenu le 16 janvier 1905, à l’âge de 85 ans. Ce prêtre, regretté de ses paroissiens et de ses amis, avait redonné un élan incontestable à sa paroisse.

Le curé VERNADEAU fut vraisemblablement à l’origine de la décision de refonder la cloche du sanctuaire paroissial des Salles-Lavauguyon. Il devait exercer son sacerdoce sous le Régime du Concordat de 1801, qui régissait les relations officielles entre l’État français et l’Église catholique au 19e siècle, mais il ne connu pas l’application des dispositions de la Loi de séparation des Églises et de l'État, votée le 9 décembre 1905, moins d’une année après son décès, sa tombe se trouve aujourd’hui encore au centre du cimetière communal.

Le parrain de la cloche, M. Louis de LACROIX de FLAVILLE, était lors du baptême de celle-ci représenté par son beau-frère M. Louis-Fernand de CHASSAYS. Ce dernier, gros propriétaire terrien, résidait au château du Poirier, situé dans la commune de Verneuil (Charente), limitrophe de celle des Salles-Lavauguyon.

Stylisation d'un Christ en croix
sur la base de la cloche
La marraine, Mlle Marie Antoinette Berthe FAURE, était lors du baptême de la cloche, représentée par Marie Rose Albertine Françoise CHEMISON de RECOUDERT, épouse de M. Francois Felix LONGEAUD La GRANGE, originaires d’Oradour-sur-Vayres. Le fondeur de cloche n’a retenu que le prénom usuel de Mme LONGEAUD La GRANGE.

Mlle Marie Antoinette Berthe FAURE, née en 1843 à Chabanais (Charente), était la fille du maire des Salles-Lavauguyon, M. Joseph FAURE, et de Mme Marie LONGEAUD La GRANGE, née à Oradour-sur-Vayres le 31 mai 1821 et décédée en 1852. Mlle Berthe FAURE, âgée de 18ans,  était donc orpheline de sa mère au moment de la refonte et de baptême de la cloche de 1861. Elle devait épouser, le 15 juin 1865, M. Juste Emile De FRUMINI DUROUSSEAU, elle est décédée en 1873.

Le rituel catholique ne parle officiellement que de la "Bénédiction" de la cloche.
La cérémonie de bénédiction de la cloche était présidée par l'évêque ou son représentant, en présence des autorités locales, ainsi que des parrain et marraine, souvent entourés par la foule des fidèles.
Suspendue à un chevalet en bois placé dans le chœur de l'église, la cloche, recouverte d'une robe en étoffe blanche, était une première fois bénie par l'officiant.
Celui-ci appliquait ensuite une onction avec le saint chrême (huile servant pour le baptême) à l'intérieur et à l'extérieur de la cloche.
Après une nouvelle bénédiction, il la faisait sonner à trois reprises, suivi par les parrains, marraine et fondeur. La "voix" de la cloche se faisait alors entendre de tous pour la première fois.
Pour finir, l'ascension de la cloche dans le clocher ajoutait un caractère spectaculaire à l'événement. Remarquons ici que l'orifice aménagé au sommet de la coupole du clocher de l'église des Salles laisse passer la cloche avec exactitude.

La cloche avant son
départ pour la fonderie
La réfection de la cloche des Salles-Lavauguyon en 2011 n’aura pas fait l’objet de nouvelle inscription, mais une plaque commémorative de l’évènement devrait être apposée dans le clocher.

Après sa réparation dans l'usine de la Fonderie Bodet, à Trémentines, dans le Maine et Loire, la cloche de l'église des Salles-Lavauguyon est revenue prendre sa place dans le clocher ou elle égrène à nouveau les heures avec un son ragaillardi qui sonne presque joyeusement dans ce début de la nouvelle année 2012.

Si nous voulons croire les affirmations des techniciens de l’usine Bodet, cette cloche rendra encore longtemps le service des heures et des cérémonies, puisqu’ils garantissent que les réparations et renforcements effectués teindrons pendant le double de temps que la refonte précédente. Mais ce sont seulement les générations futures qui pourront l’affirmer, car les habitants actuels du bourg et de la commune des Salles-Lavauguyon auront bien avant été salués solennellement, une dernière fois, par leur fidèle cloche.

02 novembre 2011

Redécouvrir la sculpture sur pierre : petit " rhombicuboctaèdre " ...

Le travail de sculpteur remonte à la nuit des temps, déjà nos lointains ancêtres des différentes époques préhistoriques s'étaient essayés à la taille de la pierre, leur réalisations se retrouvent principalement sur les parois des abris sous roches ou sur des blocs de calcaires proches de leur habitat.

Edouard dans l'atelier de La Haye
La sculpture en général fut sublimée pendant l'antiquité et les bâtisseurs romains, héritiers de nombreuses traditions issues du bassin méditerranéen, ont transmis leur savoir faire, au travers de leurs monuments, aux tailleurs de pierre du Moyen-âge, sans parler des artistes d'autres cultures et d'autres continents qui ont également atteint des prestations égales et quelques fois supérieures à celles de leurs homologues européens.

Bien que les pierres naturelles relativement dures, issues des gisements proches des monuments érigés sur le socle granitique Limousin, ne se soient pas prêtées au façonnage de sculptures élaborés, certains maîtres d'œuvre n'ont pas hésités à incorporer des blocs de calcaire dans l'architecture de leurs édifices.
Cette adaptation fut souvent utilisée afin de permettre la réalisation de frises ornées et de bas reliefs évocateurs de la vie des saints personnages, mis en exergue par la liturgie ou la tradition populaire limousine.

Essayer de comprendre les bâtisseurs et sculpteurs antiques, romans et gothiques, ne pouvait se faire sans aborder le sujet par une démarche personnelle, ni s'en s'employer à maîtriser l'art de l'utilisation des ciseaux et du maillet de sculpteur.

octaèdre chanfreiné
Si votre serviteur n'en est pas tout à fait à un coup d'essaie, force est de devoir admettre que ma dernière tentative remontait à longtemps, c'est pourquoi j'avais quelques appréhensions lorsque je décidais de reprendre mes outils de tailleur de pierre.
Voila maintenant trois années (je devrais dire saisons) consécutives, que je m'emploie dans mon temps libre à redécouvrir les gestes du sculpteur et du tailleur de pierre en particulier, bien que je me sois essayé entre temps à l'art du modelage.
La taille de la pierre est un enrichissement incroyable, c'est un peu comme si l'on revenait aux sources de l'expression artistique et architecturale !

ébauche du polyèdre
Je travaille actuellement sur ma troisième réalisation. Celle-ci est proche dans son esprit de l'art des bâtisseurs transmis par les compagnons sculpteurs, pendant tout le Moyen-âge et même par ceux de la Renaissance et d'expressions artistiques plus proches de nous, tel le cubisme.

L'idée fondamentale, ayant guidée l'élaboration de cette œuvre, fut celle de réaliser une figure géométrique rappelant les dodécaèdres utilisés de manière symbolique dans la sculpture et l'architecture.

Je suis parti d’un bloc de Pierre de Lens, qui est un calcaire oolithique miliaire formé il y a 115 millions d'années, au Crétacé inférieur, extrait d'une carrière de pierre proche de Nîmes dans le Gard, dont l’exploitation historique remonte à la période romaine.
Ce bloc de relativement grandes dimensions, puisqu'il formait à l'origine un parallélépipède rectangle de 40 cm sur 40 cm à sa base, haut de 60 cm, pesait aussi un poids respectable, dépassant les 200 Kg.

La Pierre de Lens a été utilisé pour des constructions et sculptures à Nîmes, Carcassonne, Montpellier, Perpignan, ainsi que pour beaucoup de monuments antiques du sud de l’hexagone.

l'ouvrage avance
J’ai finalement décidé de confectionner un petit rhombicuboctaèdre, c'est-à-dire un polyèdre convexe semi-régulier, fortement symétrique, composé de huit faces triangulaires, dix-huit faces carrées et 24 sommets identiques, avec un triangle et trois carrés s'y rencontrant, tel que l'on peut le voir dans une version imprimée de la Divine Proportion de Léonard de Vinci.

L'idée initiale était de poser cette figure géométrique sur un socle carré, auquel elle sera réunie par un petit pilastre, formant partie intégrante de l’œuvre, puisque sculpté dans un même bloc de pierre.

Le travail préparatoire à d'abord consisté à tracer l'ébauche qui est très vite apparue être une figure complexe. Ceci m'a permis de constater qu'il fallait rester modeste et que seuls les plus grands avaient réussi à dessiner ou réaliser ce type de figure géométrique à trois dimensions, aux prix d'un grand effort de précision.
découpe avant finition
Puis à commencer l'ouvrage consistant à faire sortir le polyèdre de sa gangue de pierre. Un travail de découpe avec une grande scie à pierre et à la taille de certaines parties avec les ciseaux à pierre ou burins et le maillet en bois ou en métal, complété par la finition réalisée avec la râpe et le rifloir à pierre.

Il faudra encore de nombreuses soirées de labeur intensif avant d'arriver à former l’œuvre finale, mais chaque étape de la sculpture en gestation mérite d'être observée et même méditée.

C'est pourquoi j'ai cru bon, en hommage aux sculpteurs du temps jadis, de vous faire partager l'excitation du modeste sculpteur que je suis, qui ne peux que s'essayer à imiter modestement ses pairs !

21 octobre 2011

L'énigme de la disparition du cloitre des Salles

Le samedi 27 août de cette année 2011, Frère Édouard des Salles avait invité les passionnées à une découverte nocturne des secrets de la prieurale et du prieuré des Salles-Lavauguyon, situé à l'ouest de Limousin dans l'ancienne paroisse des Salles.

Cet éminent monument, de même que ses annexes, ne livre ses mystères qu'avec parcimonie et il faut bien toute la perspicacité de votre serviteur, aidé de quelques amis et des documents d'archives pour découvrir les évènements cachés de son histoire.

L'une des ces énigmes est liée à l'histoire du cloitre aujourd'hui disparu.













Pendant très longtemps les architectes spécialistes des bâtiments historiques, les historiens locaux et la tradition populaire récente ont cru que sa destruction remontait à l'écroulement de la flèche du clocher au environ de l'an 1800, pourtant il s'avère qu'il n'en est rien et qu'il faut remonter beaucoup plus loin dans l'histoire pour en connaitre la cause, car celle-ci est directement lié à la Réforme religieuse introduite en France à l'époque de la Renaissance.

La plupart d'entre nous on entendu parler des Guerres de Religion, mais peu savent qu'elles furent la conséquence d'une grande crise religieuse qui au XVIème siècle vint ébranler l’unité de l’Eglise catholique.

Suite principalement à la propagation des idées du théologien allemand Martin Luther et du traité de Jean Calvin, homme de lettres et théologien français, des foyers de réforme théologique avaient fait leur apparition un peu partout en Europe occidentale.

Entre 1533 et 1535, Jean Calvin, l'un des principaux acteurs de la Réforme religieuse, qui était protégé par Marguerite d’Angoulême (la sœur du roi François Ier et l'épouse d’Henri II de Navarre), avait séjourné à plusieurs reprises à Angoulême et dans les alentours, où il rédigea la plus grande partie de son œuvre réformatrice "L’Institution Chrétienne" (cet ouvrage devait paraître en 1535 à Bâle).

Les adeptes de la réforme protestante sont mentionnés une première fois en 1533, sous le nom de "luthériens" dans la ville de Limoges même, mais les tentatives d’installer le Culte Réformé dans la capitale de la province de Limousin rencontrèrent une forte résistance de la part des Consuls et de l'Evêque.

Dans la province voisine de l'Angoumois les réformés se manifestèrent pour la première fois en 1545, dans la ville de La Rochefoucauld.

Contrairement au Limousin où la noblesse était réticente à accepter les nouvelles idées religieuses, il en fut tout autre en Angoumois et la conversion de quelques grands seigneurs, tel François III de La Rochefoucauld (qui fut assassiné le 24 août 1572, à Paris, lors du Massacre de la Saint-Barthélemy) ou Léonor Chabot, troisième baron de Jarnac (qui avait adhéré au protestantisme en 1561), fut accompagnée par celle d'une grande partie de la population de cette province.

Bien qu'ils n'aient pu former un foyer de la Réforme digne de ce nom à Limoges, les réformés limousins constituèrent une importante communauté protestante dans la Vicomté de Rochechouart, à l'ouest du Limousin et aux limites du Poitou, de l'Angoumois et du Périgord.

La Réforme protestante avait prit pied à Rochechouart vers 1558-1559 et elle y fit de rapides progrès, cela malgré l'opposition des seigneurs locaux demeurés catholiques.

Avec la proclamation de l’Édit de Nantes par le roi Henri IV en 1598, toutes les Églises protestantes connurent un important accroissement du nombre de fidèles.

La vicomté de Rochechouart comptait vers l'an 1600 au moins 1500 personnes de Religion Réformée, dont une forte communauté était située dans l'ancienne paroisse des Salles et la seigneurie de Lavauguyon.















Les familles protestantes étant devenue majoritaires dans la paroisse des Salles, les chanoines du prieuré furent apparemment contrains de quitter leur lieu de vie préalable et de se retirer dans une maison canoniale du bourg, dans laquelle ils purent continuer modestement la célébration du culte catholique.

Bien que l'on ne sache pas avec exactitude quel fut l'utilisation de l'ancienne église romane pendant ces années troublées, la propagation des idées de la Réforme eu des effets néfastes sur les bâtiments conventuels qui entouraient la prieurale des Salles.

La population locale, majoritairement protestante, ayant jugée superflu d'entretenir des bâtiments inutilisés, s'employa à démolir le cloitre et une partie des annexes du prieuré qui se trouvaient vraisemblablement dans un état de délabrement avancé.

Ceci nous est confirmé par un document établi en 1630 lors d'une tournée d'inspection ecclésiastique, conduite par l'abbé de l’abbaye de Chancelade en Périgord, Alain de Solminihac, qui s'était rendu au prieuré des Salles pour en évaluer l'état.




















L'inspecteur et son secrétaire reçurent des chanoines de la prieurale des Salles un témoignage bien troublant : " Enquis s’il se faisait des réparations, les religieux ont répondu qu’il s’en faisait à la maison du prieur. Sommes allés à l’église et l'avons trouvée mal pavée et assez bien vitrée. Sortant de l’église, sommes allés dans les cloîtres, lesquels avons trouvés tout à fait ruinés, et n’avons trouvé aucun vestige des lieux réguliers, fort d’un petit logis pour le prieur où il y a deux chambres, près lequel est un jardin, et joignant le dit jardin, est un petit étang. Nous étant enquis qui avait fait les dites ruines au prieuré, ont répondu que cela était du fait des habitants même du lieu qui étaient huguenots du temps des guerres civiles. "

Il ne reste plus aujourd'hui de ce cloitre que quelques corbeaux et solins en pierre, qui servaient autrefois à soutenir les poutres de la charpente et à protéger de la pluie la jonction de la couverture de l'ancien déambulatoire et des murs des bâtiments prieuraux.

Bien que la présence du cloitre soit incontestablement attestée sur les maçonneries du bas côté sud de l'église prieurale des Salles et sur une partie de la façade de l'ancien prieuré par la présence de ces quelques soutiens et protections en pierre, ceux-ci ne permettent toutefois pas de préciser si le cloitre d'origine constituait un quadrilatère ou s'il était seulement formé de deux côtés accolés aux bâtiments principaux, ceci reste donc la partie cachée de l'énigme que Frère Édouard et ses amis espèrent un jour pouvoir élucider...

02 octobre 2011

Hella S. Haasse, la « Grande Dame » de la littérature néerlandaise, vient de nous faire ses adieux…

En mai 1991 paraissait la traduction française d’un des plus marquants ouvrage de l’écrivaine hollandaise Hella S. Haasse : « En la forêt de longue attente ».
Ce roman, paru pour la première fois en 1949 sous le titre néerlandais : « Het woud der verwachting, Het leven van Charles d'Orléans », faisait découvrir au public français une écrivaine néerlandaise de niveau international (*1).
Ceci n’était pourtant pas pour Frère Édouard (et son alter-égo Jean-Luc) une découverte, car les ouvrages de Hella S. Haasse avaient depuis longtemps déjà trouvé place, dans leur version originale néerlandaise, dans la bibliothèque de votre chanoine passionné de littérature.

La « Grande Dame » de la littérature néerlandaise, vient de nous faire ses adieux et un choc de tristesse s’est abattu sur tout un étage de ma bibliothèque, comme si elle était passé en partant faire un peu un adieux à ses livres…

Hella Serafia Haasse était née en 1918 à Batavia, aux Indes orientales néerlandaises (aujourd’hui Jakarta, en Indonésie), elle vient de décéder dans sa maison d’Amsterdam, capitale des Pays-Bas, jeudi dernier, le 29 septembre 2011.

Je n’ai pris connaissance de la triste nouvelle qu’à mon arrivé, vendredi soir, à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, à mon retour de Munich, c'est-à-dire le lendemain de son décès.
Dans mon pied à terre hollandais j’ai vérifié, par instinct de pérennité, si les quelques ouvrages que je possède de l’écrivaine étaient encore à leur place habituelle, comme pour me rassurer que cette présence palpable de sa littérature me rapprochait encore un peu d’elle…

Hella S. Haasse, a résidé en France, dans le village de Saint-Witz au nord de Paris, pendant les années 80 du vingtième siècle, avant de revenir habité aux Pays-Bas au début des années 90.

En février 1994, alors qu’elle était invitée à donner des cours à la Sorbonne, Hella S. Haasse fut honorée par le titre d’ Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Nommée Officier de la Légion d’honneur en l’an 2000, elle fut en 2003 promue Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres, distinction exceptionnelle pour un écrivain hollandais.

Hella S. Haasse laisse une grande œuvre, mais elle laisse aussi un grand vide dans le cœur des passionnés de son œuvre littéraire. C’est un peu une parcelle d’humanisme qui est parti avec elle…

Il me reste à dire au revoir à cette très grande dame, et merci pour les heures de bonheur passées à la lecture de sa prose…

(*1)  « En la forêt de longue attente , Le roman de Charles d'Orléans 1394-1465 », Roman,
Auteur : Hella Serafia Haasse (1918-2011),
Traduction : Anne-Marie De Both-Diez (1922-2009) ;
Version originale néerlandaise paru en 1949 aux éditions Querido, puis en 1953 (3e édition corrigée) ;
Version traduite en français parue en France aux Éditions du Seuil en 1991 (ISBN: 2020122111) ; 
Version française rééditée en février 2007 en livre de poche aux éditions Points (ISBN : 2020936240).

11 septembre 2011

Découverte des secrets de la Prieurale des Salles-Lavauguyon

   Le samedi 27 août de cette année 2011, Frère Édouard des Salles avait invité les passionnées à une découverte nocturne des secrets de la prieurale et du prieuré des Salles-Lavauguyon, située en Limousin, ceci devait se faire à la lueur de plusieurs centaines de lucioles qui illuminèrent d’une lueur exceptionnelle l’intérieure de l’édifice au cours de cette  visite, sans autre usage d’éclairage moderne d'appoint.

   Un peu plus d’une trentaine de visiteurs et amis du site des Salles-Lavauguyon intrigués par l’histoire du prieuré, les thèmes inhabituels des fresques romanes, les transformations de la prieurale et des bâtiments conventuels aux cours des siècles, n’avaient pas hésité à se regrouper dans le jardin du prieuré à la nuit tombante, pour la visite insolite qui leur était gracieusement offerte par Frère Édouard. 

   Les voutes et les murailles ancestrales, qui ont su traverser les siècles de façon extraordinaire, renferment au côté de la riche iconographie romane, des secrets insoupçonnés que frère Édouard se proposait de faire découvrir.

   Il fut donc facile, soutenu par l’effet provoqué par la douce lumière de 440 petites chandelles, de captiver pendant plus d’une heure un auditoire qui se serait cru de retour plusieurs siècles en arrière, du temps de la splendeur médiévale de la prieurale.  

   Mais tout ne fut pas dévoilé ce soir là et Frère Édouard se propose de renouveler l’expérience pendant l’été 2012 et de faire découvrir d’autres secrets ou particularités de la prieurale à de nouveaux visiteurs d’un soir.

11 août 2011

L'architecture vernaculaire

En attendant de vous accueillir moi même en soirée à la découverte des secrets de la prieurale des Salles à la lueur des lucioles (ce qui se fera certainement la dernière semaine du mois d'août de cette année 2011), permettez moi de vous encourager à aller rendre une visite à Chéronnac, commune voisine des Salles-Lavauguyon, dont le bourg est proche de la source de la Charente.

Le vendredi 12 août prochain à 20h30, l’association « Entre Charente et Tardoire » en partenariat avec les associations « GRAHT » (Groupement de Recherches Archéologiques Historique Tolvère) et « Les Amis de Saint Eutrope » (les Salles Lavauguyon), vous conviera à une conférence ayant pour thème :
LES CONSTRUCTIONS EN PIERRES SÈCHES DU SUD-OUEST.

Au cours de cette conférence qui aura lieu en la salle des fêtes de la commune de Chéronnac en Haute-Vienne, Monsieur Daniel Bernardin, président du GRAHT, propose de vous faire partager les résultats d'études exercées depuis le début des années 1980.

Le GRAHT, association archéologique et historique, a réalisé de nombreuses recherches sur l’histoire des cabanes en pierre sèche, leur nature ainsi que sur les techniques et modes de constructions vernaculaires (c'est à dire populaires et de caractère régional), en Poitou-Charentes, en Aquitaine, dans le sud de la France et en Corse.

L'architecture vernaculaire témoigne de la vie des régions et des campagnes, elle renferme un savoir faire qui s'est transmis de père en fils ou des grands-parents aux petits-enfants, au fil des générations passées. Ces modestes monuments en pierre, menacés de disparitions, méritent une attention particulière, car ils appartiennent à notre patrimoine.

C'est pour préserver ce patrimoine régional modeste mais ancestral, que le GRAHT a procédé depuis trois décennies à leur inventaire, afin de les protéger contre l'oubli. Conférencier d'exception, Daniel Bernardin, saura vous faire découvrir avec verve cette partie méconnue de notre patrimoine bâti.

22 mai 2011

Réflexion…

Décidemment ce printemps a décidé de mettre à l’épreuve votre chanoine, alternant attentes et doutes, instants de joie et moments de tristesse.
Il en va ainsi de la vie me direz vous, mais ce printemps de luttes et d’hésitations dure depuis un peu plus d’un an et n’a été égalé en émotions que par le dernier hiver.

J’envie parfois les chanoines du passé qui n’avaient qu’à se concentrer sur leur liturgie et leurs œuvres de bienfaisance et de bâtisseurs, mais j’avoue que malgré tout je ne voudrais pas laisser ma place, car cette vie est la mienne après tout et il faut savoir accepter les épreuves et les réussites, même si elles ne sont quelques fois que le fait du hasard ou un accomplissement de notre carma.

Il est de ces maux ou maladies qui vous touchent autant moralement quelles ne touchent vos proches physiquement, parfois vous en sortez renforcés et parfois abattus, comment en serait-il autrement lorsque l’ont craint pour la vie d’une compagne ou d’un fils.

Heureusement ce sont des combattants, de ceux qui s’accrochent à la vie comme d’autres s’accrochent à leurs rêves, et ils ont fini encore une fois par surmonter les épreuves, même si chaque visite aux établissements hospitaliers apporte son lot d’incertitudes et si dans notre proche entourage l'un des nôtres a finit par trouver le repos au terme de sa longue route.

Ce qui est important dans les épreuves est de voir que l’on n'est jamais seul et que les grands élans ne remplacent pas les petites œuvres de chaque jour, c’est ainsi que les familles se survivent à elles mêmes après la disparition d'un ancêtre, c’est aussi comme cela que votre chanoine apprend chaque jour l’humilité.

Vous comprendrez que je ne vais pas entrer dans le détail et que je laisse à ceux et à celles qui me connaissent un peu mieux le soin de lire entre les lignes, mais vous comprendrez aussi pourquoi votre chanoine habituellement si prolifique en textes de toutes sorte a du quelques temps se tenir à l’écart et laisser le temps faire son œuvre, mais je vous retrouverai bientôt et reprendrai avec vous mes promenades évocatrices des terroirs limousins et charentais chers à mon cœur...

25 février 2011

Veillée Limousine : théâtre et chants en dialecte occitan-limousin

L’association « Les Amis de Saint-Eutrope » invite les amateurs du dialecte occitan-limousin à participer à la veillée limousine organisée à la salle des fêtes de la commune des Salles-Lavauguyon le samedi 5 mars à 20h30

Lors de cette soirée, « Los Chantadors de Las Salas », vous proposeront des « chants » et quelques « niorles » en dialecte occitan-limousin, qui avec un petit effort est relativement compréhensible même pour les néophytes.

Ils seront accompagnés par « Les Troubadours de la Dronne », de l’Association Découverte Nature de Miallet, venus de la Dordogne, qui n'en doutons pas sauront ravir l'assistance avec deux pièces de théâtre : « Lu miracle de l’autijas » (le miracle des orties) et « Au tribunau per un cop de fusil » (au tribunal pour un coup de fusil), écrites et réalisées par Jean-Louis Maublanc.

 Il sera possible de déguster tout au long de la soirée des crêpes et des beignets accompagnés de cidre.

Comme l’Association « Les Amis de Saint-Eutrope » ne peut pas vivre sans quelques apport financiers il sera demandé une participation pour les consommations et les encas.

Une Tombola viendra clôturer la soirée dans la meilleure tradition des fêtes de villages limousines.

Venez nombreux et surtout « Chaba d'entra », comme on dit en Limousin, car ce n'est pas en restant sur le seuil de la salle des fêtes des Salles-Lavauguyon que vous pourrez profiter de cette soirée animée...

Bonne soirée à tous!