04 janvier 2017

Huit semaines d'aventures exceptionnelles !

Le 22 décembre 2016 se terminait pour nous, ma compagne de voyage et moi même, un périple de presque deux mois en Asie du Sud-Est continentale, débuté le 1er novembre précédant : 
Huit semaines d'aventures exceptionnelles !


Dans un billet, publié sur Facebook, le 21 décembre dernier, je remarquais que ce parcours, unique à plus d’un titre, était difficile à quantifier, car la somme des expériences ne couvrait que partiellement le ressenti d’un tel voyage.

Malgré cette difficulté apparente de quantification, la description de ce voyage et de quelques moments uniques, qui en ont été la marque, devraient donner une idée globale de ce qui a été pour nous une grande aventure, je vous propose de nous suivre (avec un petit décalage dans le temps) par l’intermédiaire de ce blog, dans notre merveilleuse aventure en Asie du Sud-Est.

Notre périple en péninsule indochinoise débuta réellement à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, d’où nous avons embarqué pour un vol vers Bangkok, via Moscou. 


Ce parcours aérien, effectué avec Aéroflot - Russian Airlines en un peu plus de douze heures et demi, escale à Moscou-Sheremetyevo incluse, devait nous faire franchir une distance de 9.200 kilomètres et survoler pas moins de quatorze pays : Pays-Bas, Allemagne, Pologne, Lituanie, Biélorussie, Russie, Kazakhstan, Oezbekistan, Tadzjikistan, AfghanistanPakistan, IndeBangladesh, Birmanie (Myanmar) et Thaïlande.

Ce même voyage aérien sera effectué en direction opposée lors de nos vols de retour.


La suite de notre voyage au Laos, au Viêt Nam et au Cambodge, devait occasionner sept transferts en avions, effectués avec trois compagnies régionales : AirAsia, Lao Airlines et Vietnam Airlines.

Au Viêt Nam nous avons utilisé quatre transferts en « bus longues distances », en complément des transferts aériens, voyageant de Hanoï (Hà Nội, en Vietnamien) à Sapa, dans la province de Lào Cai, à l’extrême nord du Viêt Nam, et retour, de Hanoï à la Baie de Hạ Long (ou baie d'Along pour les francophones) et retour, de Phong Nha-Kẻ Bàng à Hué, au Centre du Viêt Nam, et de Hué à Hội An, poursuivant notre chemin vers Saigon - Hồ Chí Minh Ville, au Sud du Viêt Nam. 

De tous les modes de transports ce sont bien assurément les Tuk-tuk thaïlandais, et leurs coreligionnaires laotiens et cambodgiens, qui nous ont laissé la plus forte impression.  


Nous avons aussi parcourus pas mal de kilomètres en scooters et en vélos, tant autour de Luang Prabang, au Laos, que sur la Piste Ho Chi Minh, dans le Parc Naturel de Phong Nha-Kẻ Bàng, au centre du Viêt Nam, et à Hội An, sur les rives du fleuve Thu Bồn, au Viêt Nam du Sud.


Nous avons aussi canoté et pagayé en kayak de rivière sur le « Nam Tien Lake », dans les environs de Xaignabouri, au Laos, et en kayak de mer, dans la Baie d’Hạ Long, au Viêt Nam du Nord.


En plus de nos expériences personnelles de cabotage, nous avons navigué sur plusieurs types d'embarcations, simples ou complexes : « Long Boats » sur la Haute Vallée du Mékong, au Laos, « Jonques », de pèche et de croisière, en Baie de Hạ Long, au Viêt Nam du Nord, « Bateau d'excursion » à la Grotte de Phong Nha-Kẻ Bàng, au nord de Đồng Hới, au Centre du Viêt Nam, « Bateaux dragons », remontant la Rivière des Parfums, à Hué, l’ancienne Capitale impériale du Viêt Nam, « Embarcation coquille de noix, des pêcheurs vietnamiens », sur un bras du Vịnh Cửa Đại, estuaire du fleuve Thu Bồn, dans le district de Hội An, au sud de Danang, « Barques traditionnelles en bois », propulsées par moteur, ou à la main à l’aide d’avirons, sur l’Estuaire du Mékong, au Viêt Nam du Sud, tout cela sans éprouver le mal de mer. 


Notre périple nous a emmené à visiter plusieurs sites du patrimoine mondial, portant le label de l'UNESCO : La ville de Luang Prabang (lao : ຫລວງພຣະບາງ), au Laos, le Secteur Central de la Citadelle Impériale de « Thang Long » à Hanoï, la Baie de Hạ Long, le Parc national de Phong Nha-Kẻ Bàng, la Citadelle Royale de Hué, la Vieille ville de Hội An, au Viêt Nam, et le complexe des Temples d’Angkor, au Cambodge.


Nous avons eu l’occasion de séjourner dans douze hôtelleries différentes, dont une pour « Backpakers », deux « B&B », un « Lodge Nature » au milieu de la forêt laotienne, aux commodités minimales mais qui nous a laissé un souvenir impérissable, et quelques hôtels très confortables, histoire de varier un peu nos séjours dans les métropoles vietnamienne et thaïlandaises.


Nous avons rencontré un grand nombre de personnes passionnantes, chacune avec leur histoire et leur approche de la vie digne d’intérêt.

Les variations des températures, allant de trente-cinq degrés à Bangkok, en Thaïlande, ainsi qu’à SaigonHồ Chí Minh Ville et dans la Baie d'Along, au Viêt Nam, ou encore à Siem Reap - Angkor, au Cambodge, en passant par cinq degrés à Sapa, dans le Nord du Viêt Nam, vingt-cinq degrés à Hanoï, la capitale vietnamienne, puis douze degrés au Centre du Viêt Nam sur la Piste Ho Chi Minh, nous ont fait réaliser l’étendu et la diversité de la géographie de la Péninsule Indochinoise.


Nous avons fréquenté une quantité importante de restaurants, d'estaminets et d'étals de « Street-Food », tout en réussissant à ne pas tomber malade et à ne pas avoir d'accident, mis à par quelques petits bobos et piqures d'insectes.


Mais le plus beau fut incontestablement le partage à deux de cet extraordinaire périple ! Ma compagne de voyage s'est avérée être bien plus que la compagne de ma vie, car elle est aussi sans aucun doute ma meilleure amie, tout en étant un merveilleux camarade de voyage, qui a su partager intensément avec moi chaque minute de ce long périple en Asie du Sud-Est continentale.

Nous n'avons pas emporté beaucoup de souvenirs tangibles dans nos bagages, mais nos têtes et nos cœurs sont remplis d'images et d'impressions multiples, que nous allons devoir distiller dans les semaines et les mois qui viennent.


Je sais maintenant que le Laos et le Viêt Nam, mais aussi que les Laotiens et les Laotiennes, de même que les Vietnamiens et les Vietnamiennes, me manquent et me manqueront, suite à notre retour à La Haye, aux Pays-Bas.

Mais l’avenir nous donnera peut-être la chance de les revoir un jour, si l’âme du Buddha nous est favorable et si Dieu veut bien nous prêter vie encore quelques temps !




07 juin 2016

Les Fresques Romanes (12e siècle) de la Prieurale des Salles-Lavauguyon !

Aux confins occidentaux du Limousin, entre Limoges et Angoulême, l’église prieurale des Salles-Lavauguyon, dédiée autrefois à Saint-Eutrope de Saintes et à la Vierge Marie, est un édifice impressionnant tant par son architecture que par ses peintures murales du milieu du 12e siècle, qui peuvent être considérées parmi les fresques romanes les plus exceptionnelles d'Europe.



Le style pratiqué par les peintres des Salles-Lavauguyon apparaît ancré dans un répertoire formel et ornemental qui peut être perçu à travers le filtre des manuscrits limousins du début du 12e siècle.

La Bible de Saint-Yrieix, réalisée à l'extrême fin du 11e siècle ou au début du 12e siècle, probablement à Limoges, dont l’auteur était aussi fresquiste, a servi d’inspiration aux fresquistes de l’église prieurale des Salles-Lavauguyon.


Le texte de la Bible de Saint-Yrieix est celui de la traduction latine de la Bible de saint Jérôme (Vulgate), elle contient tous les livres de l'Ancien Testament et les écrits du Nouveau Testament, jusqu’à l’Épître aux Éphésiens de saint Paul.

Tout en appartenant à la fois au grand ensemble des peintures de l'ouest de la France et aux tendances reconnues de la deuxième moitié du 12e siècle, les fresques romanes des Salles-Lavauguyon se distinguent par des spécificités dans le traitement des personnages, le coloris, les interprétations des textes et un répertoire ornemental original.

Les images, aux angles vifs et au tracé d’une grande vitalité, s’allient à une richesse de coloris réellement étonnante, puisque l’on y retrouve des bleus intenses, mais aussi des blancs, des verts, des ocres roses, bruns ou rouges, mis en lumière par la technique des rehauts.
Les représentations des visages aux grands yeux expressifs, peints en légers trois-quarts savamment étudiés, les mains rendues mobiles par ce que l’on sent être une conversation, rendent cette iconographie exemplaire et magistrale, puisque l’on découvre dans ce riche décor une orchestration puissamment étudiée de laquelle transparait une indiscutable réflexion spirituelle.

Fresque du Livre de la Genèse : Création d'Adam et d’Ève
(Genèse : 3 - 1-6)



Fresque de Saül (qui deviendra l'apôtre Paul) et Étienne 
(Actes des apôtres 7 : 57-60 ; 8 : 1)




Les visites thématiques, proposées en 2016 par Jean-Luc E. Marcillaud, vice-président de l'association des Amis de Saint-Eutrope et des Sources de la Charente, ancien président du Groupe archéologique Voorburg, aux Pays-Bas, et historien-conférencier, sont venues clore une série d’animations estivales entamées dans les années 90 du 20ème siècle par Frère Édouard. Elles ont été parmi les dernières qu’il fut possible d’offrir au public intéressé.

Frère Édouard ayant tiré sa révérence, c’est maintenant à Jean-Luc E. Marcillaud de faire ses salutations au public des Salles-Lavauguyon par cet intermédiaire !



Bien sur il sera possible de rencontre JLEM dans d'autres lieux.

Espérons que ce sera le départ d’une nouvelle série de conférences et balades-découvertes qui pourraient avoir pour prochaine étape les ruines médiévales du Château de Lavauguyon, situées dans la vallée de la Tardoire, ou les sources de la Charente, situées sur les hauteurs de la commune de Chéronnac, en Haute-Vienne !

26 mars 2016

L’officier du « Vendredi Saint »


La principale sculpture de la façade de l’église prieurale des Salles-Lavauguyon, en Limousin, souvent évoquée dans le blog d’Édouard des Salles, représente le Christ en gloire du Jugement dernier (Évangile selon Matthieu 25 : 31-46).


Les fresques romanes du sanctuaire roman des Salles-Lavauguyon, représentent plusieurs passages de la Bible et du Nouveau Testament, comme par exemple l'exceptionnelle Création d’Adam et d’Ève, dans laquelle le Christ et l’Esprit Saint sont associés à l'oeuvre du Dieu Créateur.

Ces mêmes fresques du XIIème siècle ont aussi pour thème plusieurs épisodes de la petite enfance de Jésus : l’Annonciation, la Nativité, l’Annonce aux bergers, l’Adoration des Mages et le Massacre des Innocents.

Si les martyrs de plusieurs saints et saintes, omniprésents dans les liturgies des Eglises catholiques et orthodoxes, particulièrement au Moyen-Àge, sont représentés sur les fresques romanes de l’église des Salles-Lavauguyon, la Crucifixion de Jésus n’a pas été directement évoquées dans le programme iconographique.

Une fois par an, la fête chrétienne de Pâques incite toutefois à considérer de manière différente l’un des personnages, presque oublié, de la Passion de Jésus : l’officier romain commandant les soldats qui participent à la Crucifixion (Évangile selon Matthieu 27 : 54).

Chaque « Vendredi Saint », à la veille de Pâques, les différentes églises chrétiennes célèbrent,  selon la tradition, trois évènements clés de l’histoire de Jésus de Nazareth : sa Passion, sa Crucifixion et sa Mort sur la croix !

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que le vendredi 7 avril de l’an 30 (le 27 avril 31 ou le 3 avril 33, selon certaines sources), Jésus fut condamné à mort par le Préfet Romain Ponce Pilate (Pontius Pilatus en latin), c'est à dire à subir le supplice de la croix, qui était infamant chez les romains. 

Cette sentence consistait à clouer le condamné par les mains (et parfois les pieds) sur une croix dressée, ce qui entrainait la mort par étouffement à plus ou moins longue échéance.

La condamnation à mort de Jésus, fut clairement demandée par les autorités juives, et ordonnée par le préfet romain Ponce Pilate, représentant l’autorité romaine, qui occupaient militairement, à ce moment là, Jérusalem et la Palestine. 

Pourquoi ?
Tout simplement, parce que les uns et les autres considéraient que Jésus était un fauteur de troubles !

L'exécution de Jésus a pour les autorités juives de son époque des raisons essentiellement religieuses et pour les autorités romaines des raisons politiques.

Pendant l’exécution de la sentence, ses partisans, ses disciples, sa famille, étaient désespérés (Évangile selon Luc 23 : 48-49).



Cependant, les passants l'injuriaient, les principaux sacrificateurs, avec les scribes, les spécialistes de la loi et les anciens d'Israël, se moquaient de lui, l’un des deux brigands, crucifiés avec lui, l'insultait aussi, les magistrats se moquaient de Jésus, et les soldats aussi se moquaient de lui (Évangile selon Matthieu 27 : 39-41 ; Évangile selon Marc 15 : 29, 31, 32 ; Évangile selon Luc 23 : 35-36, 39).

Un autre pourtant, n'avait pas insulté Jésus pendant sa crucifixion : l’officier romain, qui commandait le détachement chargée du maintien de l’ordre !

Jésus fut crucifié vers le milieu de la matinée. 
Ce jour là, de midi jusqu'à trois heures de l'après-midi, il y eut des ténèbres sur tout le Pays d’Israël : la Judée, la Samarie, la Galilée, et sur les contrées avoisinantes.

Enfin, vers trois heures de l'après-midi, Jésus s’écria d'une voix forte : 
« Père, je remets mon esprit entre tes mains ! ».

Après avoir dit ces paroles, Jésus expira (Évangile selon Matthieu 27 : 50 ; Évangile selon Marc 15 : 37 ; Évangile selon Luc 23 : 46 ; Évangile selon Jean 19 : 30).

Voyant ce qui était arrivé, l’officier romain, qui se tenait là devant Jésusdit : « Certainement, cet homme était juste ! » (Évangile selon Luc 23 : 47).

Un grand nombre de ceux qui en foule avaient assisté à ce spectacle repartirent en se frappant la poitrine en signe de deuil (Évangile selon Luc 23 : 48).


Dans cette histoire, les magistrats, les spécialistes de la loi, les chefs des prêtres, les anciens d'Israël, les soldats et un malfaiteur crucifié avec Jésus, se moquèrent du condamné ou l'insultèrent. Mais, un seul homme reconnu publiquement l'innocence de Jésus : l’officier romain des saintes écritures !

C'est pourquoi nous pourrions aujourd'hui nous demander : 
« Quel officier romain habite aujourd'hui au fond de nous ? »

Serions-nous, nous aussi, capable de reconnaître l’innocence d’un juste ?
Serions-nous tout autant capable d’exprimer notre conviction, même à posteriori, en ce qui concerne l’innocence d’un homme, alors que les autorités spirituelles et temporelles l’ont condamné sans hésitation à la punition suprême ?

Dans ce monde de haine, de reproche, de peur, de méfiance, où nous vivons, en ce début du 21ème siècle, il n’est pas plus facile de se poser cette question que cela ne l’était pour l’officier romain il y a près de 2000 ans, et pourtant, certains et certaines d’entre nous ont le courage de se la poser.

Il reste à souhaiter à tous ceux et toutes celles, épris de justice de part ce monde, d’avoir en eux une parcelle de la conscience de l’officier romain du premier siècle !


Deo volente, Inshallah, im yirtzeh Hashem, Immertsashem, si Dieu le veut !